Le décollage de sa campagne électorale a été réussi au-delà de tous ses espoirs, exulte-t-il, et le fondateur d’Air Transat, François Legault, flotte au-dessus des nuages, une semaine plus tard.
« Je m’en vais là (au gouvernement) majoritaire le 4 septembre au soir. Ça nous prend 33-34 % des votes. Je sens une tendance. Je ne veux pas monter trop vite non plus, mais on va y arriver. »
J’ai frappé à la porte de son autocar de tournée jeudi soir, à son arrivée à Trois-Rivières, et on m’a permis d’y monter.
Le chef de la Coalition Avenir Québec savait qu’il avait besoin d’un départ canon pour faire de la campagne une véritable lutte à trois. Il n’avait pas le droit de manquer son coup. « On a réussi à prendre le contrôle de l’agenda. Je ne me fais pas d’idée, ça ne pourra pas être comme cela pendant 35 jours, mais on a réussi depuis une semaine. »
Homme fier, il n’a visiblement pas apprécié les moqueries sur le « on verra » qu’il servait en réponse aux questions sur sa future plateforme électorale. « Maintenant, vous voyez », jette-t-il avec amusement.
Il est convaincu avoir surpris les gens en présentant une équipe crédible, dont il énumère les « vedettes ». « L’effet Duchesneau » lui a aussi permis de marquer des points, est-il convaincu, au-delà des controverses que l’ex-chef de police de Montréal a soulevées dans les médias. Ses premiers engagements auraient aussi été bien reçus.
Les médias commencent à dire : où est Pauline? avance-t-il amusé.
Le grand ménage
Il promet sur tous les tons un « grand ménage » pour répondre à la volonté de changement bien ancrée dans la population. Personne ne doute, selon lui, de la volonté réelle de Jacques Duchesneau de nettoyer le Québec de la corruption qui s’y est répandue.
Sur un autre plan, il s’engage à réduire le poids de l’administration publique de 7 000 emplois, à baisser les dépenses de 2,5 à 3 milliards de dollars, à baisser les impôts de 1,8 milliard sur cinq ans.
Il n’hésitera jamais à poser des gestes surprenants et à faire des déclarations peu orthodoxes, comme d’identifier ses ministres clés un mois avant l’élection, pour se démarquer et ainsi incarner encore plus le changement espéré.
Les carrés rouges
Il a relevé que 15 des candidats du Parti québécois proviennent des organisations syndicales. Il prévoit que la semaine prochaine sera difficile pour Pauline Marois avec la rentrée dans les cégeps. Celle-ci est identifiée aux carrés rouges et aux casseroles. Elle ne pourra prôner la ligne dure à l’endroit des enseignants qui refuseront de franchir les lignes de piquetage des étudiants. Pour sa part, il réclame le respect de la loi 78, avec des interventions des policiers lorsque nécessaire.
Débats cruciaux
Il aborde le sujet des débats avec beaucoup de modestie. Il a déjà le nez dans ses dossiers pour s’y préparer. Il est le seul à ne pas avoir d’expérience dans ces joutes.
La formule des face à face de TVA lui plaît beaucoup. Il reconnaît à Jean Charest ses talents de debater, mais le premier ministre a exercé le pouvoir pendant neuf ans. Il aura beaucoup de choses à lui mettre sous le nez. Il s’avoue peu charismatique mais son passé et son langage d’homme d’affaires lui conféreront de la crédibilité, espère-t-il.
François Legault attendait avec fébrilité jeudi soir les résultats des plus frais sondages. Léger Marketing a confirmé ses prétentions sur son ascension.