Jean Charest a besoin de performances spectaculaires dans les quatre débats de la semaine pour renverser le cours de la campagne électorale. Le défi reste entier pour lui. François Legault s’est très bien tiré de cette première expérience. Les face-à-face seront déterminants.
Tous les chefs de parti ont réclamé hier l’avoir emporté. Jean Charest demeure dans la ligue supérieure des debaters, mais François Legault devait cependant susciter l‘intérêt, la curiosité et incarner la volonté de changement. Je crois qu’il y a réussi.
Sur le premier thème du débat d’hier, les enjeux économiques, M. Charest a d’abord rivé son clou à la cochef de Québec solidaire, Françoise David, mais il s’est cogné le nez sur François Legault de la CAQ dans une guerre de statistiques sur la performance de son gouvernement. M. Legault a aussi tiré le tapis sous les pieds de Pauline Marois en lui lançant qu’elle avait « les mains attachées avec les syndicats », alors qu’elle prétendait pouvoir couper dans les dépenses.
M. Charest était en terrain sûr sur l’économie, la marque de commerce du Parti libéral du Québec et il a aussi marqué le point sur le juste niveau des redevances minières, face à Pauline Marois. Le réalisme doit l’emporter sur la démagogie pure sur cette question.
Corruption et gouvernance
François Legault est certainement le plus crédible sur la très sensible question de la corruption, surtout avec la candidature vedette de Jacques Duchesneau, et il n’a jamais dirigé un parti. De plus, tout le Québec le sait personnellement indépendant financièrement, après son succès d’affaires chez Air Transat.
Jean Charest et Pauline Marois ont tenté de déterrer les squelettes des gouvernements auxquels ils ont appartenu, chacun. M. Legault a tout simplement promis de faire le ménage. C’est ce que les Québécois veulent du plus profond de leur âme.
François Legault a été très ferme. Il n’y aura pas d’alliance de la CAQ avec le PQ ni avec le PLQ, qui pourraient former un gouvernement minoritaire. Il consolide la volonté de changement qu’il cherche à incarner. Une élection coûte quelque 75 millions $. Qu’ils soient dépensés dans 12, 18 ou 20 mois ? Qu’est-ce que cela peut changer ?
Éducation et santé
Je ne crois plus personne sur un médecin de famille pour chaque Québécois, à court terme. Il ne suffit pas que son nom soit inscrit sur une liste pour avoir un rendez-vous. Le Québec consacre le plus fort pourcentage de son budget à la santé de tous les États en Amérique.
François Legault s’engage à avoir le courage de casser le système en place.
Sur ce thème également, M. Legault a marqué. Il suscite des espoirs.
Ottawa-Québec
Jean Charest et François Legault ont marqué sur un possible prochain référendum avec Pauline Marois. C’était par contre au tour de Pauline Marois de diriger un tir vers Ottawa sur sa non-représentation des volontés Québécois et elle a bien profité des fenêtres ouvertes.