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Hunter s’est laissé couler – Prix Robert-Cliche

La force poétique de Judy Quinn

judy quinn
Courtoisie

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Inspirée par le parcours de son grand-père Russel, marin à bord d’un dragueur de mines pendant la Seconde Guerre mondiale, Judy Quinn offre son premier roman – Hunter s’est laissé couler – récompensé du prix Robert-Cliche.

Le texte a séduit le jury du prix, présidé par Denise Boucher, par la qualité de sa langue, l’originalité de son style, la force poétique et la profondeur psychologique des personnages. « En lisant ce manuscrit, nous avons tous les trois eu la conviction d’être devant l’œuvre d’un véritable écrivain », a commenté Mme Boucher.

Judy Quinn, 38 ans, native de la ville de Québec, a déjà publié trois recueils de poésie aux Éditions du Noroît : L’émondé, Six heures vingt et Les damnés inflationnistes. Elle a remporté le prix littéraire Radio-Canada dans la catégorie Poésie en 2009.

« Quand on est auteur de poésie, on n’a pas une grande visibilité dans les médias. J’espère que ça va apporter un peu de visibilité sur ma poésie et sur l’éditeur de ma poésie, parce que je n’arrêterai pas d’écrire de la poésie, mais je tiens à écrire aussi du roman et ce prix m’encourage à continuer », commente Judy Quinn, qui a travaillé de longues années sur ce premier roman avant qu’il soit publié. « C’est vraiment le fun et j’en profite pendant que ça passe! »

Sauvegarder la mémoire

L’inspiration vient d’abord de son grand-père, qui a participé à la Seconde Guerre mondiale. « Il a travaillé sur un dragueur de mines et j’ai toujours été fascinée par ça. Il n’y avait rien d’écrit à ce sujet que je trouvais important. Je tenais à faire un témoignage là-dessus sans que ce soit biographique. J’ai aussi retrouvé des lettres, des photographies dans une malle. Ça a nourri beaucoup le roman, explique-t-elle. Il a été sur des dragueurs, mais aussi sur des corvettes. Il y a des cartes postales de partout dans le monde dans la malle. »

Hunter s’est laissé couler raconte l’histoire d’un personnage, Hunter, qui a passé à travers sa vie un peu comme une ombre. « On a peu su de lui. Donc, la seule façon d’en parler, c’est en passant par le regard que les autres avaient sur lui. Trois personnages qui ont fait partie de sa vie durant la guerre portent un regard sur lui », résume l’écrivaine, qui est aussi réviseure et rédactrice pour la revue littéraire Nuit blanche.

« Je trouvais intéressant que chaque partie soit différente et qu’on sente la personnalité du narrateur, ou du personnage, à travers l’écriture. Je me suis intéressée à la musicalité de chaque voix et au rythme, ce qui fait un parallèle avec mon travail en poésie. »

Recherche historique

L’écriture du roman lui a apporté un vrai plaisir, l’amenant à peaufiner l’écriture mais aussi à explorer l’univers de la marine pendant une époque tourmentée. « J’ai fait énormément de recherches à la bibliothèque de l’Université Laval à ce sujet. J’ai couru les marchés aux puces pour trouver des trucs sur la navigation durant la Seconde Guerre mondiale, un sujet un peu moins connu que l’aviation ou l’armée de terre. »

Pour le roman, elle a donc fait un important travail de recherche historique avant de se lancer dans l’écrirture. « Je ne voulais pas dire n’importe quoi ni faire des anachronismes. Mais pour le senti et toute l’émotion, je devais aller chercher en moi parce que je ne trouvais rien qui correspondait, comme expérience, à ce que je relate dans mon roman. J’ai laissé aller... et c’est sûr qu’il y a plein d’éléments très inventés. »

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