L’épidémie de légionellose qui frappe malheureusement plusieurs résidents de la ville de Québec nous rappelle l’importance de la qualité de l’eau. On a beaucoup entendu parler de la bactérie et de son mode de transmission. Je le résumerai donc rapidement et je vous parlerai plus en détail des médicaments utilisés pour la traiter.
La bactérie coupable se nomme Legionella pneumophila. Elle se développe principalement dans les eaux chaudes entre 25 et 42oC comme dans les tours de réfrigération. Les premiers signes de l’infection se manifestent généralement 2 à 10 jours après que la bactérie ait été inhalée par la respiration, mais peuvent prendre jusqu’à 16 jours à se manifester. Ses symptômes sont : fièvre, perte d’appétit, mal de tête, faiblesse générale.
Respiration
Certaines personnes peuvent aussi développer des douleurs musculaires, de la diarrhée et de la confusion. Jusqu’à 50 % des patients auront une toux productive avec des crachats contenant du sang. L’évolution de la pneumonie conduira à des troubles graves de la respiration, une insuffisance rénale aiguë et un décès possible chez environ 10 à 15 % des malades selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Les personnes dont le système immunitaire est affaibli développent plus facilement la maladie et sont également touchées plus gravement. On pense aux personnes qui reçoivent des traitements de chimiothérapie, aux personnes atteintes du VIH-sida et aux diabétiques.
Les antibiotiques
Pour traiter la légionellose, deux familles d’antibiotiques sont principalement utilisées : les macrolides et les fluoroquinolones à visée respiratoire. Sous ces deux noms compliqués se cachent pourtant des médicaments connus comme l’érythromycine, la clarithromycine (BiaxinMD), l’azithromycine (Zithromax(MD)) ainsi que la lévofloxacine (Levaquin(MD)) par exemple. La bactérie est aussi sensible à certains autres médicaments. Dans les formes graves de la maladie, on les administre par injection intra-veineuse. Les antibiotiques comme la pénicilline ne sont pas efficaces contre cette bactérie. Le traitement dure habituellement 7 à 10 jours ou 21 jours dans le cas de patients immunosupprimés.
Les macrolides sont souvent irritants pour l’estomac et ils sont impliqués dans plusieurs interactions avec d’autres médicaments essentiels comme les anticoagulants et certains médicaments antirétroviraux utilisés contre le VIH-sida. De leur côté, les fluoroquinolones voient leur effet diminué si on les prend avec du calcium ou des antiacides. On voit tout de suite la complexité de certains traitements et l’importance de bien utiliser les médicaments pour en obtenir l’effet attendu.
Lorsque des infections potentiellement mortelles surviennent comme la légionellose, on comprend encore mieux pourquoi on doit réserver l’usage des antibiotiques à des infections graves et bien démontrées. La vie des patients peut dépendre de leur bonne efficacité.