Après 30 ans d’attente, Pauline Marois réalise son rêve d’écrire une page d’histoire et d’accéder au poste de première ministre du Québec. Elle n’aura toutefois pas réussi son parti de remporter la majorité qu’elle désirait.
« Ce soir, une autre page s’ouvre dans l’histoire de notre peuple. Pour la première fois, le gouvernement du Québec sera dirigé par une femme. Je suis très émue d'être la première à qui incombe cette responsabilité », a-t-elle dit à la foule de centaines de partisans venus l’acclamer au Métropolis.
Elle a rendu hommage à sa mère et aux femmes qui lui ont tracé la voix. Elle a aussi salué le travail accompli par Jean Charest, la performance de François Legault et l'arrivée de Françoise David à l'Assemblée nationale.
« Les Québécois ont fait leur choix, nous allons respecter ce choix en gouvernant avec tous les élus de l’Assemblée nationale », a-t-elle ajouté.
La chef péquiste a dit qu’elle serait en mesure de trouver des compromis avec ses opposants pour gouverner le Québec.
« Le cynisme a perdu et c’est l’espoir qui a gagné », a indiqué la chef péquiste.
Incident
Le discours de victoire de la chef a été interrompu par un incident. Les gardes du corps de la chef l’ont rapidement escorté hors de la scène lorsqu’une balle assourdissante a été projetée.
Mme Marois a gardé son calme et invité les militants à quitter dans le calme la salle, avant de se raviser pour dire que l’incident avait été maîtrisé.
Elle a conclu son discours en affirmant qu’elle acceptait avec humilité et enthousiasme la tâche qui lui incombe.
« Faites nous confiance nous allons être à la hauteur. Nous allons respecter le mandat que vous nous avez donné », a-t-elle lancé.
La leader souverainiste n’aura pas réussi à convaincre hier une majorité de Québécois de lui accorder leur confiance comme elle l’a réclamé à maintes reprises dans les derniers jours.
C’est loin du scénario idéal pour la chef péquiste qui a affirmé que si elle était minoritaire, elle n’aurait pas la latitude nécessaire pour tenir ses promesses. Elle avait soutenu qu’elle ferait face à une alliance de fédéralistes libéralo-caquistes.
Durant la campagne, elle s’est engagée à poser une série de gestes dans les 100 premiers jours de son mandat, dont l’adoption d’une nouvelle loi 101 renforcie, l’abolition de la loi 78, l’annulation de la hausse des droits de scolarité, la tenue d’un sommet sur l’éducation post-secondaire et l’adoption d’une nouvelle loi sur le financement des partis politiques et la tenue d’élections à date fixe.
Certains de ces engagements risquent d’être plus difficiles à tenir, notamment celui d’abroger la loi spéciale et d’annuler la hausse des droits de scolarité.
La chef péquiste a par ailleurs mis sur pied un comité de transition avant la campagne qui a fait le nécessaire pour qu’elle soit en mesure de former son conseil des ministres d’ici deux semaines.