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Denis Monette – Les délaissées

Bourreau des coeurs

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Le prolifique écrivain Denis Monette, dont les romans réalistes se sont vendus à plus d’un million d’exemplaires, dépeint le triste destin de quatre femmes malchanceuses en amour, gracieuseté d’un ex-professeur d’histoire investi d’une sombre mission, dans Les délaissées, son nouveau roman.

L’auteur a sorti le synopsis de ce nouveau roman d’un tiroir après avoir écrit Le jardin du docteur Des Œillets. « J’avais cette histoire en tête... celle d’un homme qui abandonne les femmes. J’avais un synopsis, j’avais un générique. C’était dans mon tiroir et je l’ai ressorti. Après le Docteur Des Œillets, j’avais envie de l’écrire », dit-il en entrevue téléphonique.

Son personnage principal, Ludger Vallin, est un ex-professeur d’histoire. Cultivé, bien pourvu financièrement, il séduit sans difficulté quatre femmes, puis, à quelques semaines de l’engagement définitif, disparaît sans laisser de traces. Il séduit, promet, puis blesse, profondément, quatre femmes qui avaient pourtant eu leur bonne part de malheur.

Un homme en mission

L’une après l’autre, Raymonde, Judith, Viviane et Lili-Perle vont tomber dans ses filets. Quatre femmes bien différentes, pas niaises, mais certainement aveuglées par un énorme désir d’amour. « Il ne les choisit pas pour leur apparence ni pour leur statut ni pour leur éducation. Il faut qu’elles soient divorcées, qu’elles aient quitté leur mari même si elles ont eu d’autres hommes après. Il les choisit bien, de Montréal, Moncton, Toronto et Halifax. C’est loin : il ne veut pas être repéré. Il a quatre missions à accomplir et ce sont ces quatre femmes qui sont délaissées brutalement, sournoisement. Elles se retrouvent désemparées, humiliées, meurtries dans leur amour parce qu’elles vivent un rejet impitoyable. Il leur fait miroiter le bonheur avant de partir d’une manière assez brutale. »

Les femmes, chaque fois, respectent le mystérieux silence de Ludger, lui posant des questions de base sans chercher à inventorier son passé. « Il ne fournit aucune réponse qui pourrait le faire retracer par la suite. » Elles le laissent aussi mener à sa guise ses recherches historiques sur Messaline et Marie-Antoinette, sans trop s’inquiéter.

Quand la réalité dépasse la fiction

Denis Monette a adoré écrire ce roman où il s’apercevait, chapitre après chapitre, que son intrigue devenait plus forte. « C’est un petit peu à l’instar du roman La paroissienne, que j’ai écrit il y a cinq ans. On se demande jusqu’à la fin pourquoi il fait ce qu’il fait, qui il est et d’où il vient. Les quatre délaissées, Raymonde, Judith, Viviane et Lili-Perle, murmurent peut-être à l’oreille du lecteur : pourquoi? Je rends mon lecteur complice du pourquoi du geste de Ludger. Mes lecteurs aiment beaucoup se sentir inclus, se sentir partie prenante du roman. »

Denis Monette rappelle n’avoir aucun message à transmettre. « J’écris pour divertir les gens. Je ne me targue pas d’être psychologue ni de faire des mises en garde. Mais chacun − les hommes comme les femmes − peut interpréter ce roman à sa façon. Je n’écris jamais un roman dans le but d’instruire ou de faire une mise en garde : ce n’est pas un cas vécu. »

L’auteur n’en reste pas moins convaincu que plusieurs personnes risquent de se reconnaître dans ce roman. « J’ai même rencontré une dame qui m’a dit : “Ce que vous écrivez m’est arrivé.” C’était fortuit. Absolument. Sauf que son aventure avait été beaucoup plus longue − ça a duré pendant des années, et une journée, il n’était plus là. Vous voyez, la réalité dépasse la fiction, c’est évident. Mais la fiction rejoint aussi la réalité parce que ce que j’écris, ce sont des choses qui pourraient arriver. Un roman est une tranche de vie : quelque chose qui doit se produire et qui peut se produire. »

Extrait

«Déjà plus à l’aise avec lui, elle n’était cependant pas encore prête à lui avouer qu’elle en était amoureuse. Follement amoureuse! Contrairement à d’autres qu’elle n’avait qu’affleurés de ses bonnes intentions. Mais là, fin quarantaine bien en vue, plus inquiète face à l’avenir, Raymonde rêvait d’être plus constante dans ses amours et Ludger lui en donnait l’occasion. Il n’était pas « qu’un autre », celui-là, il était « la perle rare », l’homme que toute femme seule désirait rencontrer dans un but très sérieux.»

En librairie dès le 19 septembre.

 

 

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