John White, professeur de philosophie retraité, est décédé d’une tumeur au cerveau quelques semaines après avoir terminé la rédaction de Volontairement bon, un ouvrage de réflexion sur les bienfaits d’une attitude positive dans la vie quotidienne.
Dans son recueil de petites histoires philosophiques destiné au grand public, John White explique cette fâcheuse tendance qu’a l’être humain à s’intéresser plus au mal qu’au bien, alors qu’il faudrait plutôt s’orienter vers le positif. Illustrant son propos d’expériences personnelles, il souhaitait offrir un peu d’espoir aux personnes envahies par les pensées sombres.
Lui-même aurait pu sombrer dans le désespoir, se sachant atteint d’une maladie incurable, mais l’espoir, la générosité et la sérénité ont pris le dessus.
« Mon père était surtout fier de laisser quelque chose derrière lui, au-delà de ses trois enfants et de ses deux petits-enfants », indique son fils Patrick White, éditeur et rédacteur en chef du Huffington Post Québec. « Il est décédé à 66 ans, ce qui est très jeune. Il était en pleine santé jusqu’au moment où il est tombé dans le coma, en septembre 2010, à la quatrième journée du voyage de retraite de ma mère, dans l’Ouest canadien et l’Ouest américain. Il a été opéré au cerveau dans un hôpital universitaire à Edmonton, en Alberta. Ils lui ont sauvé la vie. Il a été réopéré en avril à l’Hôtel-Dieu de Québec, ce qui lui a permis de vivre un an et demi de plus. »
Des milliers d’étudiants
Pendant presque 40 ans, John White a côtoyé 300 étudiants par année, les cours de philo étant obligatoires. « Sur 40 ans, il a dû rencontrer des milliers d’étudiants et il s’est dit que son livre serait un message d’espoir pour les jeunes. Des étudiants à qui il avait enseigné lui ont dit, plusieurs années plus tard, qu’il les avaient sauvés du suicide grâce à son message positif dans ses cours. »
John White était déjà très serein par rapport à la mort, ajoute son fils, parce qu’il était un chrétien pratiquant au quotidien, qui a fait des retraites dans des monastères au Québec et est allé étudier la Bible à Jérusalem pendant quatre mois, il y a une vingtaine d’années.
« Il voulait transmettre qu’il ne faut pas se décourager dans la vie, et arrêter de penser que l’être humain est mauvais à la base. Il faut arrêter de tout critiquer, chialer, et il faut regarder ce qu’il y a de bien et de beau dans la vie, même s’il y a des petites choses et qu’il ne faut pas se laisser déprimer par les mauvaises nouvelles rapportées en général par les médias et les commérage. Il faut aller au-delà de tout ça et regarder ce qu’il y a de beau, dans la vie. Il faut se motiver en se disant que l’être humain est bon, à la base. »
Démocratiser la philosophie
John White suggère d’emprunter la voie du milieu… un concept déjà enseigné par le philosophe grec Aristote il y a plusieurs centaines d’années. « Mon père était un disciple d’Aristote, de saint Thomas d’Aquin et de saint Augustin.
« Ce n’est pas un livre religieux du tout mais ses inspirations, à la base, étaient religieuses et philosophiques. Il n’écœure pas les gens avec les gros mots et c’est très grand public. Ce qui est magnifique, c’est qu’il a su démocratiser la philosophie. »
Patrick White se souvient de son père comme d’un homme présent pour sa famille, positif, toujours de bonne humeur. « Je n’ai aucun souvenir où mon père n’était pas présent à des événements importants dans notre vie, que ce soit même un match de hockey, de baseball ou de soccer. Il était toujours présent pour les autres. »
Extrait
«Pour vouloir fermement le bien de l’autre, il faut développer les quatre qualités que nous avons citées. La modération libère des attraits qui empêchent de vouloir de tout cœur le bien de l’être aimé. Le courage procure la force de supporter ce qu’il faut pour que cet amour triomphe. La justice donne à chacun sa juste place et, par conséquent, la place qui revient à la personne aimée. La sagesse rend capable de discerner en quoi consiste son véritable bien.»