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Canonisation

Kateri Tekakwitha est une sainte

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ROME – Kateri Tekakwitha a été canonisée en même temps que six autres saints, dimanche matin, au Vatican, à l’occasion d’une cérémonie présidée par le pape Benoît XVI.

Elle devient ainsi la première femme amérindienne de l’Amérique du Nord à être proclamée au rang de sainte.
 
«Kateri nous impressionne par l'action de sa grâce dans sa vie, en l'absence de soutien extérieur, et par son courage dans sa vocation si particulière. En elle, foi et culture s'enrichissent. Que son exemple nous aide à vivre là où nous sommes, sans renier qui nous sommes», a notamment déclaré le pape devant environ 80 000 fidèles, dont 1500 pèlerins canadiens, selon l'AFP.
 
À Rome pour la canonisation, l'archevêque de Québec, Gérald Lacroix s'est réjoui de voir l'engouement des Canadiens pour sainte Kateri Tekakiwtha.
 
Mgr Lacroix a rencontré sur place plusieurs autochtones. «Ils sont fiers qu'une de leurs filles soit donnée comme modèle pour l'humanité.»
 
Mgr Lacroix croit que les difficultés qu'elle a vécues sont un signe de sainteté. «Elle a vécu sa foi au sein de sa communauté [...] alors qu'elle n'avait pas beaucoup de soutien autour d'elle. Il n'y avait pas beaucoup d'appui pour le christianisme autour d'elle. Pourtant, elle a eu le courage de vivre cette foi.»
 
De son côté, le premier ministre du Canada Stephen Harper considère cette canonisation comme «un grand honneur et un heureux événement».
 
«Durant sa courte vie, sainte Kateri n’a jamais abandonné sa foi. Elle a enseigné des prières aux enfants, s’est occupée de malades et de personnes âgées et assistait souvent à la messe le matin comme le soir. Aujourd’hui, il existe des sanctuaires consacrés à sainte Kateri au Canada ainsi qu’aux États-Unis», a-t-il affirmé, par voie de communiqué.
 
Née en 1656 dans l’État de New York, Kateri Tekakwitha a vécu les dernières années de sa courte vie dans la grande région de Montréal, dont à Kahnawake. Elle est décédée à La Prairie, à seulement 24 ans, en raison de sa santé trop fragile.
 
Kateri Tekakwitha a été béatifiée par le pape Jean-Paul II en 1980. Pour devenir officiellement sainte, deux miracles devaient lui être attribués.
 
Le premier miracle remonte au jour de son décès, en 1680. Immédiatement après sa mort, les cicatrices qui défiguraient son visage ont disparu pour lui donner un visage rayonnant de beauté.
Le pape Benoît XVI a reconnu, le 19 décembre 2011, un deuxième miracle de Kateri. Il s’agit de la guérison, en 2006, d’un adolescent américain qui souffrait de la bactérie mangeuse de chair et pour qui les médecins avaient perdu espoir.
 
Sa famille a demandé l’intercession de Kateri et le jeune homme a été guéri en quelques jours.

Adorée à Kahnawake

Par Michel Thibault / Agence QMI

KAHNAWAKE  - Quelques centaines de pèlerins se sont réunis à Kahnawake, dimanche matin, pour adorer la nouvelle sainte Kateri Tekakwitha.
 
Dès 8h, les fidèles ont défilé dans l’église de la mission Saint-François-Xavier où se trouve le tombeau de celle qui avait été canonisée à Rome par le pape Benoit XVI quelques heures plus tôt.
 
«Je suis très heureux. Je ne pensais jamais voir ce jour», a commenté Joe Delaronde, porte-parole du Conseil mohawk de Kahnawake. «Même pour ceux qui sont non croyants, c’est un événement très positif pour les autochtones à travers l’Amérique du Nord. Je pense que les gens ici ne réalisent pas combien d’impact elle a eu et continue à avoir. Maintenant qu’elle est sainte, elle va en avoir de plus en plus. C’est un grand jour pour nous.»
 
Les gens de tous âges sont venus d’un peu partout participer aux célébrations. «On a fait neuf heures de route pour venir ici», a dit François Poulin. «On vient de la Côte-Nord, je suis Montagnaise», a précisé sa conjointe, Andrée Paul, qui a déposé sur le tombeau de Kateri un lampion à son effigie qu’elle a fait faire spécialement pour l’occasion.
 
Plusieurs n'ont pas eu à conduire pour se rendre à l'église. «On vient de Montréal», a dit une dame fraichement débarquée de l'un des autobus scolaires qui se sont arrêtés devant le sanctuaire.
 
La cérémonie au Vatican a été rediffusée sur grand écran au gymnase de l’école voisine de l’église qui porte le nom de Kateri.
 
L’église de la mission Saint-François-Xavier à Kahnawake était comble pour la messe qui a suivi la diffusion de la canonisation de Kateri Tekakwitha à Rome.
 
Mgr Jaques Berthelet, évêque émérite du diocèse de Saint-Jean-Longueuil, a présidé une cérémonie qui s’est déroulée tantôt en anglais, tantôt en français.
 
«C’était une cérémonie simple comme Kateri. Elle était simple, elle était belle, c’est pour ça qu’elle a été canonisée», a commenté Monique Lyons, régente des filles d’Isabelle de Saint-Jean et Longueuil, entourée d’une vingtaine de consoeurs vêtues de capes noires au revers rouge.

La communauté huronne-wendat est très fière de la canonisation d’une première Amérindienne

Par Nicolas Lachance / Agence QMI

WENDAKE – L’église Notre-Dame-de-Lorette était pleine à craquer, dimanche, à wendake, dans la région de Québec, à l’occasion de la messe organisée en l’honneur de Kateri Tekakwitha, canonisée à Rome par le pape Benoît XVI.
 
Une grande partie de la communauté huronne-wendat s’est en effet déplacée pour célébrer sa première sainte amérindienne.
 
Entrant sous les chants hurons suivis de la purification, le célébrant Jean-Guy Paradis a qualifié cet honneur de «cadeau de Dieu».
 
Pour le grand chef Konrad Sioui, c’était une journée historique.
 
«On fête une autodétermination, on fête l’aboutissement d’un grand sentier dans lequel on a marché et grâce à ça, on sent que, de plus en plus, nous avons notre place au Québec et partout dans le monde.»
 
Le chef a d’ailleurs mis l’accent sur le sentiment de satisfaction que vit la communauté grâce à la sainte.
 
«Je suis tellement fier que la nation huronne puisse accueillir aujourd’hui tout le monde dans son église et dans son cercle, a-t-il confié. Kateri de Tekakwitha vient souder les gens ensemble», un signe d’espoir prôné par les Hurons, selon lui.
 
Longue route
 
M. Sioui a également mentionné que la canonisation de Kateri a pris beaucoup de temps.
«Dans le destin des peuples, souvent, les routes sont longues» avant d’être reconnu, a-t-il dit, signalant du même coup que tous ceux qui ont donné un espoir aux peuples et à l’humanité ont eu un dur parcours.
 
Même son de cloche de la part du directeur du Centre de danse huronne-wendat, Steve Wado Andric Gros-Louis, qui croit aussi que le Vatican n’est toujours pas en ouverture d’esprit face aux traditions amérindiennes dans la foi catholique.
«Nous ne sommes pas allés à Rome pour la canonisation, car l’ouverture n’est pas encore là pour accepter la spiritualité des Premières Nations. C’est encore fermé», a-t-il reconnu.
 
Néanmoins, les traditions spirituelles huronnes étaient bel et bien présentes, et ce, depuis 17 ans à l’intérieur de l’Église à Wendake.
 
Bruno Gros-Louis était président de la délégation qui s’était rendue à Rome lors de la béatification de la nouvelle sainte, il y a de ça 32 ans. La canonisation représente pour lui un aboutissement incroyable et un symbole pour sa communauté.
 
«Aujourd’hui, être parmi les miens pour voir la continuité et la canonisation d’une Amérindienne, ça confirme tout le cheminement fait, a-t-il déclaré avec émotion. Je pense que ça boucle la boucle du cheminement de cette femme incroyable.»

 

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