Opinion | Chroniqueurs

Fini le yo-yo

Mario Dumont

Mario Dumont @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

Enfin! Voilà ma première réaction au dépôt par le ministre Bernard Drainville d’un projet de loi sur les élections à date fixe.

Les règles du jeu seraient dorénavant simples : les élections au Québec auraient toujours lieu le dernier lundi de septembre, la première devant théoriquement se tenir le 26 septembre 2016. Évidemment, dans le cas d’un gouvernement minoritaire renversé, on fait exception à la règle générale.

Notre vie démocratique comprend une foule de moments symboliques et protocolaires. Il reste que le jour du vote est le plus grand de tous : le peuple parle. J’ai toujours trouvé assez loufoque que l’on jongle avec cette date sur la base de critères qui relèvent des intérêts partisans.

LES INTÉRÊTS PARTISANS

En effet, l’intérêt public arrive deuxième quand vient le temps de choisir la date du scrutin. On regarde les sondages, la préparation des troupes, les coffres bien garnis, on espère prendre l’adversaire de vitesse, mal organisé, ou profiter d’une dissension interne dans le camp ennemi ; autant de critères qui n’ont pas leur place dans un choix aussi crucial que la date où un peuple choisit ses dirigeants.

Les raisons en faveur d’élections à date fixe sont d’abord démocratiques. Les partis qui offrent leurs services aux citoyens partent sur un pied d’égalité, une bonne chose. À une époque où le recrutement de candidatures de valeur constitue un défi pour tous les partis, le ballottement de la date est un irritant supplémentaire pour une personnalité qui a une vie professionnelle et des obligations. Cette transition de carrière est déjà très complexe, c’est encore pire lorsqu’il se révèle impossible d’en planifier le moment.

DES MOTIFS ÉCONOMIQUES AUSSI

Il y a aussi des motifs économiques en faveur de ce changement. Les élections à date fixe représentent une économie réelle. Le Directeur général des élections gaspille des fortunes pour se tenir sur un pied d’alerte au cas où le premier ministre déciderait d’appuyer sur la gâchette. L’ensemble de la haute administration publique entre aussi dans une phase d’efficacité réduite lorsque des rumeurs d’élection occupent toute l’attention.

L’idée d’élections à date fixe devient encore plus intéressante lorsqu’on la jumelle avec une autre intention annoncée par le Parti québécois, soit le dépôt d’un portrait à jour des finances du Québec à la veille d’un déclenchement d’élection. Si le yo-yo du premier ministre avec la date des élections était devenu archaïque, que dire de la pièce de mauvais théâtre de chaque nouveau gouvernement qui se dit estomaqué de la tragique situation financière laissée par l’ancienne administration? Quel beau prétexte pour laisser tomber certains de ses engagements! Si tout le monde connaît le portrait réel des finances avant, chacun est responsable de ce qu’il décide de promettre.

Ce projet de loi devrait être adopté rapidement. Les objections des libéraux ont peu de poids considérant que le fédéral, huit provinces et les municipalités ont des élections à date fixe.

Allez, on avance!

 

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