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Rapport du Vérificateur général

Air vicié dans les écoles

Jean-Luc Lavallée

Jean-Luc Lavallée @

Journal de Québec, Publié le: | Mise à jour:

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© Les archives Pierre-Paul Poulin

La qualité de l’air dans nos écoles laisse à désirer, conclut le Vérificateur général qui blâme les commissions scolaires et le ministère de l’Éducation pour des taux de CO2 anormalement élevés et la présence de moisissures.

Dans un rapport accablant déposé jeudi, le VG par intérim Michel Samson déplore des «situations préoccupantes» et de graves lacunes qui peuvent entraîner des problèmes de santé pour les enfants. La mauvaise qualité de l’air peut provoquer des maux de tête, de la fatigue, des difficultés respiratoires et de concentration.

Le Québec devrait s’inspirer du Minnesota et du Connecticut où «c’est beaucoup plus règlementé», a-t-il fait valoir. Les seuls standards qui existent actuellement chez-nous concernent l’amiante et le radon. L’encadrement de la qualité de l’air intérieur par les commissions scolaires est «souvent insatisfaisant». Quant au ministère de l'Éducation, sa surveillance n'est pas adéquate, martèle-t-il.

Six écoles au hasard

Le VG a visité des écoles au hasard (qu'il n'a pas identifiées publiquement) à la Commission scolaire de Montréal, la Commission scolaire des Navigateurs sur la rive-sud de Québec et la Commission scolaire de Sorel-Tracy.

Il a constaté la présence de moisissure dans 4 des 6 écoles passées au peigne fin. En classe, on a même découvert des concentrations de dioxyde de carbone (CO2) deux fois plus élevées que la norme acceptable de 1 200 ppm. Il pointe du doigt, notamment, «l'empoussièrement vraiment excessif des systèmes de ventilation». Les locaux sont parfois «surchauffés», avec des taux d’humidité très élevés ou très bas. Fissures dans les fondations, mauvais drainage de la toiture, matériaux endommagés contenant de l’amiante figurent aussi dans la liste de ces découvertes.

De surcroît, «l’entretien ménager de 5 des 6 écoles visitées est négligé», apprend-on. Bien qu'il s'agisse d'un mince échantillon des quelques 1 800 écoles publiques (dont l'âge moyen est de 53 ans), le VG voulait un portrait représentatif du parc immobilier scolaire. «C'est certain qu'on ne peut pas extrapoler les résultats à l'ensemble de toutes les écoles au Québec. Il n'en demeure pas moins que, pour la plupart des lacunes qu'on a relevées, on a souvent cinq des six écoles qui présentent ces lacunes-là. Donc il y a quand même une situation préoccupante».

Entretien «variable»

Aucune des 3 commissions scolaires vérifiées n’assure une inspection visuelle des bâtiments. À Montréal, l’entretien préventif «est variable et peu organisé», peut-on lire dans le rapport. Bien que la CSDM se soit dotée d’un programme sur la qualité de l’air intérieur en mars 2012, les mesures mises en place méritent d’être bonifiées, juge le VG.

«C’est une histoire d’horreur ce rapport», a réagi la députée caquiste Nathalie Roy. «C’est inacceptable que des enfants fréquentent des écoles qui sont pratiquement insalubres. On est en 2012!», s'est-elle insurgée, réclament une intervention de la ministre de l'Éducation Marie Malavoy. Il a été impossible de joindre cette dernière pour réagir aux conclusions du rapport.

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