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Décorations | Noël

Les géants tassent la crèche

Très difficile de trouver ce symbole de la Nativité dans les magasins à rayons de Québec

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Quatre populaires magasins à grande surface ne vendent plus la traditionnelle crèche de Noël qui se retrouve annuellement sous le sapin de milliers de familles québécoises.

Le mois de décembre est synonyme de décoration et de tradition de Noël pour des milliers de Québécois. Pour la première fois, il sera très difficile pour les croyants de se procurer une crèche afin de la poser sous l’arbre, près des cadeaux.

Le Journal a parcouru la ville de Québec à la recherche d’une crèche typique avec tous les personnages classiques de l’histoire catholique.

Cependant, dans les quatre magasins de grande surface visités, où l’on retrouve des sections réservées aux décorations de Noël, aucune n’offrait de crèches. 

Première année 

Chez Sears, c’est la première année que le gérant de la section des décorations saisonnières, Philippe Patenaude, ne reçoit pas de crèches. «L’an dernier, j’en ai reçu en petite quantité, mais j’en avais, a-t-il souligné. Eh oui, ça se vendait.»

Il explique que les succursales n’ont pas de pouvoir sur la marchandise qui arrive en magasin et que la décision, en ce qui a trait à la distribution des crèches dans les magasins Sears, vient de Toronto. Toutefois, M. Patenaude a signalé que la demande n’était pas très forte, cette année. «Si j’en ai, ça va se vendre. Mais cette année, je n’ai pas eu de demande depuis le début de la saison.»

Plus de religion

À chaque endroit fréquenté, le Journal demandait toujours à un commis s’il était possible d’acheter une crèche où l’on retrouvait un Jésus.

«On ne vend plus ça, car les gens ne croient plus à ces histoires», a laissé tomber le commis du Canadien Tire situé sur le boulevard Hamel. Au Zellers aussi, il n’y en avait pas. 

Même point de vue au Walmart près des Galeries de la Capitale, où le commis a expliqué au Journal qu’il ne recevait plus de crèches depuis deux ans. «Toutes les choses qui touchent à la religion, on essaie qu’il n’y en ait pas», a-t-il répliqué.

Ailleurs aussi

À Montréal, c’est la même histoire. Parmi les magasins visités, seul Rona proposait deux choix, non pas de crèche, mais d’«ensemble de figurines de nativité». 

«On n’appelle plus ça une crèche, je crois que ce serait offensant et politiquement incorrect», a estimé Alexandre Pelletier, commis chez Rona. 

Du côté du Canadian Tire de Longueuil, seule la représentation de la crèche traditionnellement connue est vendue sous forme de figurines de bandes dessinées. «On avait un huit pieds de stock de crèches, il y environ 8 ans, et il ne nous reste que ça...», indique Annie Lecours, gérante de la section du saisonnier au Canadian Tire.

Insistez, encourage le diocèse

Le diocèse de Québec invite les gens à demander aux détaillants d’avoir des crèches en magasin.

«On réalise qu’il y a peut-être moins de demandes pour de nouvelles crèches, a souligné le responsable des communications, Jasmin Lemieux-Lefebvre. Mais on invite les gens à dire aux commerçants qu’il serait bien qu’il y ait des crèches.

Selon le diocèse, il y a «heureusement» encore certains magasins qui offrent des crèches aux consommateurs. «Votre enquête montre qu’il y a des magasins qui n’ont plus de crèches en stock» souligne-t-il. Il rappelle néanmoins qu’il y a encore de petits détaillants qui offrent la mythique grange où le petit Jésus serait né. «Chez Floralies Jouvence, Canac et certains Walmart, nous avons retrouvé des crèches» a signalé M. Lemieux-Lefebvre.

 

Un parti de la tradition

Le représentant du diocèse mentionne aussi qu’il y a d’autres façons de se préparer à Noël que la crèche, comme redonner aux pauvres. «La préparation spirituelle, avec la crèche, c’est un des éléments, a-t-il ajouté. Mais c’est certain que c’est un élément que l’on transmet de génération en génération.»

De plus, le diocèse ne croit pas que la laïcisation de l’État nuit à la tradition des objets catholiques durant le temps des Fêtes.

«Les institutions sont libres d’avoir ou non une crèche, a assuré M. Lemieux-Lefebvre. C’est surtout proposé pour avoir en famille, à la maison et sous le sapin. C’est un rappel, que Noël est pour nous plus qu’une fête commerciale qui se déroule le 25 décembre.»

Il tenait d’ailleurs à souligner que, pour la religion catholique, Noël permet de se remémorer la naissance de Jésus sur Terre. «Les symboles, c’est un élément, mais c’est le cœur qui est le plus important», a-t-il conclu. 

— Avec la collaboration de Mélanie Bergeron, Agence QMI

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