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Informatique | Commission Charbonneau

Québec n’exclut pas d’élargir le mandat

Stéphane Bédard
© Les archives Jean-François Desgagnés
Le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard,annonçait en conférence de presse jeudi que les investissements allaient se faire de manière transparente et sous contrôle.

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Le gouvernement Marois n’exclut pas d’élargir aux projets informatiques le mandat de la Commission Charbonneau.

Jusqu’à maintenant, le secteur informatique semble davantage aux prises avec des problèmes de gestion, estime le ministre Stéphane Bédard. «Mais s’il y avait des évènements qui nous portraient à croire que de quelque façon que ce soit on est dans quelque chose qui s’apparente au domaine de la construction, je n’hésiterais pas une seconde pour recommander à Mme Marois de procéder pour un mandat particulier à la Commission Charbonneau. On ne ferme pas la porte», a-t-il soutenu mardi, dans un point de presse à Québec.

 C’est que le Syndicat de la fonction publique (SFPQ) réclame haut et fort une commission d’enquête publique sur les récurrents dépassements de coûts dans le secteur informatique.

«Concurrence limitée ou même absente, dépendance envers les firmes privées et le coût des travaux explose. Ce sont les trois ingrédients qui nous portent à croire qu’il est important, impératif, voire même essentiel que nous ayons une Commission d’enquête dans ce domaine», a tonné mardi la présidente de la centrale, Lucie Martineau.

 Elle signale que trois firmes - DMR, CGI et LGS - se partagent presque l’ensemble des contrats du gouvernement en informatique.

 L’Unité permanente anti-corruption s’intéresse d’ailleurs déjà à ce secteur. Le grand patron de l’escouade, Robert Lafrenière, l’a confirmé publiquement en décembre dernier.

Fonctionnaires chez les firmes

Un autre phénomène s’avère également préoccupant. Mme Martineau soutient que «beaucoup» de fonctionnaires prennent des années sans solde pour aller travailler avec ces firmes privées après quoi, ils reviennent au gouvernement.

 «Un travailleur externe, qui effectue des tâches similaires d’un technicien informatique, peut empocher dépendamment de la firme informatique un salaire incluant les avantages sociaux de 143 000 $, tandis qu’à l’interne, au gouvernement du Québec, le maximum incluant les avantages sociaux est d’environ 68 000 $», plaide la présidente.

 La perte de contrôle de l’État sur les dépenses en technologie de l’information découle en grande partie de «l’hémorragie d’expertise interne» des dernières années, croit-elle fermement. Selon Mme Martineau, le recours à la sous-traitance dans ce secteur coût deux fois plus cher que le personnel à l’interne.

 «Le gouvernement dépense des milliards, mais on constate qu’il n’en a pas pour son argent, insiste-t-elle. On n’affirme pas d’emblée qu’il y a collusion, on n’affirme pas qu’il y a irrégularité, on demande au gouvernement de le valider».

 Manque d’expertise

Le ministre Stéphane Bédard reconnaît que la fonction publique est aux prises avec un sérieux manque d’expertise dans le domaine informatique et soutient qu’il a bel et bien l’intention d’agir pour renverser la tendance.

 Logiciel libre

Le manque de concurrence dans le secteur informatique est également grandement problématique aux yeux du président du Conseil du trésor. «C’est pour cette raison qu’on va déposer bientôt un plan d’action au niveau même de l’introduction du logiciel libre de façon plus importante dans la fonction publique», insiste-t-il.

 La Coalition avenir Québec souhaite d’abord entendre le Vérificateur général et le nouveau Dirigeant principal de l’information du gouvernement en commission parlementaire (30 janvier 2013) avant de prendre formellement position sur la pertinence ou non d’élargir le mandat de la Commission Charbonneau aux contrats informatiques.

 Selon le député caquiste Christian Dubé, si jamais la juge Charbonneau est appelée à se pencher sur le secteur informatique, les fonctionnaires devront également être sous la loupe, pas seulement les sous-traitants. «Comme on a vu à la Commission Charbonneau, ça n’en prend deux pour faire de la collusion, un à l’interne et un à l’externe», a-t-il dit au Journal.

 Au pouvoir au cours des neufs années précédentes, l’opposition libérale n’a pas souhaité commenter.

 

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