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Universités québécoises

Une erreur de 550 M$

Pierre Fortin
© Photo Jean-François Desgagnés
Pierre Fortin
© Photo Jean-François Desgagnés

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 Les universités québécoises sont sous-financées à hauteur de 300 millions de dollars, estime l’économiste Pierre Fortin. C’est 550 millions de moins que ce qu’ont calculé les recteurs après s’être comparés avec les autres universités canadiennes.

Les universités québécoises ont donc raison de dire qu’elles sont sous-financées comparativement à leurs consoeurs situées ailleurs au Canada, confirme Pierre Fortin. Sauf que la Conférence des recteurs et principaux des universités québécoises (CRÉPUQ) a largement surestimé ce sous-financement en l’établissant à 850 millions de dollars, dans une étude mise à jour cette semaine, corrige le professeur. L’écart de 550 millions s’explique principalement par la différence entre le coût de la vie au Québec et celui existant dans les autres provinces.

«Au Québec, la différence de coût de la vie avec Toronto c’est 15% (...) Les profs en Ontario sont payés 15% de plus que ceux au Québec», a précisé Pierre Fortin, jeudi, en entrevue. L’étude de la CRÉPUQ ne tient pas compte de ça dans son étude. Le professeur était présent à la rencontre préparatoire au Sommet sur l’enseignement supérieur qui se tenait jeudi à l’Université de Sherbrooke, à l’invitation de la chef de cabinet du ministre Pierre Duchesne de l’Enseignement supérieur. M. Fortin dit avoir fait son étude comparative de sa propre initiative.

Parité

Aux recteurs qui soutiennent vouloir offrir des conditions de travail à parité avec leurs concurrentes canadiennes ou américaines pour attirer des professeurs émérites, Pierre Fortin répond qu’ils ne tiennent pas compte des avantages que leur offre le Québec. «Quand t’arrives à Montréal, ta maison coûte 40% moins cher qu’à Toronto, 60% moins cher qu’à Vancouver et 70% moins cher qu’à Boston. Deuxièmement on a des garderies qui coûtent rien, à sept dollars par jour, alors que (un service de garde) coûte 10 000 dollars par année ailleurs en Amérique du nord. Ce sont des avantages que les profs de l’extérieur ont quand ils viennent travailler au Québec.»

Pierre Fortin évite de dire que l’étude des recteurs est biaisée. «Quand le président de la FTQ Michel Arsennault va négocier avec Bombardier, c’est lui qui était là à l’époque, il ne demandera pas en-dessous de ce qu’il recherche, il va demander plus», analyse Pierre Fortin, comparant ainsi le comportement de la CREPUQ à celui d’un syndicat.

Pour sa part, Pierre Duchesne convient que les besoins financiers des universités vont en augmentant. Il n’écarte pas la possibilité de modier leur mode de financement.

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