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Immigration

Plus de place aux francophones

Diane De Courcy
Photo les archives, Stevens LeBlanc La ministre Diane De Courcy

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Dès l’an prochain, «plusieurs milliers» d’immigrants non francophones désirant vivre au Québec seront refoulés pour faire plus de place à ceux qui ont une maîtrise «intermédiaire ou avancée du français».

«Dans le cadre de sélection des personnes immigrantes, nous accorderons une valeur accrue à la maîtrise du français», a lancé lundi la ministre de l’Immigration, Diane De Courcy.

«Concrètement, cela fera en sorte que, parmi les quelque 50 000 personnes par année qui immigrent au Québec, plusieurs milliers d’entre elles auront une meilleure maîtrise de notre langue commune», a-t-elle ajouté lors de l’étude des crédits budgétaires de son ministère.

Par ailleurs, Mme De Courcy, qui doit gérer la décroissance du budget de son ministère, croit que cette politique va permettre des économies. À ceux qui demandent une augmentation des ressources humaines et financières allouées à la francisation, elle rétorque que cette politique de sélection va réduire la demande.

«Le contexte budgétaire ne nous permet pas de répondre positivement à cette demande», a dit la ministre, qui ajoute que le «changement dans la sélection» se reflétera sur le budget «dans les prochaines années, avec un plus grand nombre de francophones admis».

«Nous allons pouvoir concentrer nos efforts sur ceux qui parlent peu ou pas le français», a-t-elle ajouté.

Recul du français

La ministre Diane De Courcy, qui énumérait ses priorités pour 2013, a aussi mentionné l’importance de «favoriser l’établissement dans les régions du Québec».

«Techniquement, il y a le plein emploi à Québec, dans Chaudière-Appalaches et en Abitibi. C’est une information qui doit être accessible aux immigrants afin d’influencer leur choix d’établissement», a expliqué la ministre.

Elle dit constater «aujourd’hui» que le statut du français «souffre d’un recul», en particulier à Montréal et dans l’Outaouais. «Cette situation rend plus difficile le parcours d’intégration des personnes immigrantes», a-t-elle affirmé.

Le budget du ministère de l’Immigration, des Communautés culturelles et de la Charte de la langue française est de 288 millions de dollars. Il était de 299 millions l’an dernier. 

Inquiétudes

«Ce qui est inquiétant de constater à travers les mesures que la ministre entreprend concernant la grille de sélection, c’est la perspective de se priver d’une main-d’œuvre hautement qualifiée», a déploré la libérale Filomena Rotiroti. Contrairement aux péquistes, qui perçoivent l’anglais «comme une langue étrangère», les libéraux le voit comme «une richesse supplémentaire», a-t-elle ajouté. 

 

 

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