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Bar ouvert dans les musées

«Une petite gêne»

Kathryne Lamontagne

Kathryne Lamontagne @

Publié le: | Mise à jour:

Musée MAC

© Les archives Agence QMI

La Coalition avenir Québec invite la directrice du Musée d’art contemporain de Montréal (MACM) à se garder «une petite gêne» et à prendre exemple sur ses collègues de la région de Québec dans la gestion de son compte de dépenses, qui a excédé les 50 000 $ depuis son entrée en fonction, en juin 2009.

Le Journal a dévoilé lundi les comptes de dépenses des directeurs de trois musées assujettis à la Loi sur l’accès à l’information. Après compilation des données, il a été permis de constater que les dépenses de Paulette Gagnon — voyages, taxis, fleuriste, restauration, etc — dépassaient largement celles de ses vis-à-vis de la région de Québec.

«Dans un contexte où les musées font face à des compressions budgétaires présentement, les dirigeants pourraient se garder une petite gêne dans leur compte de dépenses», a réagi hier Guillaume Simard-Leduc, porte-parole de la Coalition avenir Québec (CAQ), après avoir pris connaissance du reportage publié lundi dans le Journal. Ce dernier a principalement critiqué la gestion du budget de la directrice du MACM, qui a notamment réclamé quelque 1000 $ en frais de déjeuners uniquement pour février 2010. «Disons que ça fait cher du café espresso».

Voyages

Même s’il est conscient qu’il est important pour les dirigeants de musées de voyager à l’étranger pour bonifier l’offre des établissements d’ici et favoriser les échanges avec les partenaires internationaux, le porte-parole de la CAQ les invite toutefois à le faire avec modération. «Il faut éviter les dépenses abusives, comme n’importe quel fonds public. C’est l’argent des contribuables dont on parle, c’est aussi l’argent des visiteurs qui paient pour aller au musée. Il faut que ce soit bien utilisé et dépensé de manière responsable et, dans le cas de la directrice du Musée d’art contemporain de Montréal, ce n’est clairement pas le cas», a-t-il martelé.

Sensibilisation

Du côté du ministère de la Culture et des Communications, l’attaché de presse de Maka Kotto a rappelé que le ministre ne s’ingère pas dans les comptes de dépenses des différents directeurs de musée, dont les budgets sont octroyés et approuvés par le conseil d’administration de l’établissement. «Il faut aussi dire que l’essentiel des dépenses effectuées ont été faites sous l’ancien gouvernement libéral», a rappelé Marc-André de Blois, soulignant tout de même que son ministre avait fait parvenir une lettre à tous les dirigeants de musée le 24 janvier, afin de leur rappeler d’être rigoureux dans la gestion des fonds publics

Précisions

Le porte-parole du Parti libéral du Québec (PLQ) n’a pas rappelé le Journal. De son côté, la directrice adjointe du MACM a fait parvenir une lettre au Journal afin de préciser les motifs de certaines réclamations, qui n’étaient pas détaillés dans les comptes de dépenses.

Après avoir refusé de répondre aux questions du Journal au moment de la publication, Paulette Gagnon a fait savoir par sa collègue que certaines dépenses élevées qui lui étaient attribuées avaient été engagées pour des réceptions auxquelles ont pris part les grands donateurs du musée.

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