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Guerre en Irak

«L’affirmation la plus éloquente de notre indépendance»

Des centaines de personnes étaient rassemblées à Espace Shawinigan, au Musée du premier ministre Jean Chrétien, le vendredi 15 mars 2013, pour assister à un colloque soulignant les 10 ans du refus du Canada de participer à l’offensive au Moyen-Orient. Sur
Photo FANNIE BROUILLETTE / AGENCE QMI Des centaines de personnes étaient rassemblées à Espace Shawinigan, au Musée du premier ministre Jean Chrétien.

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SHAWINIGAN – Le 17 mars 2003, le premier ministre Jean Chrétien annonçait à la Chambre des communes que le Canada ne participerait pas à la guerre en Irak, malgré les pressions de deux fidèles alliés, les États-Unis de Georges W. Bush et la Grande-Bretagne de Tony Blair.

Le temps lui aura donné raison, a réaffirmé M. Chrétien, 10 ans plus tard, lors du colloque «Non» à la guerre en Irak : 10 ans plus tard, qui a commencé vendredi et qui se poursuivra samedi à Shawinigan.

Parce qu’il n’avait pas été convaincu que le pays de Saddam Hussein était en possession d’armes de destruction massive et parce que le Conseil de sécurité des Nations unies n’avait pas pris de résolution autorisant une campagne militaire, le premier ministre de l’époque avait pris cette importante décision, alors très controversée, qui a affirmé l’indépendance du Canada par rapport à ses alliés de longue date.

Des centaines de personnes étaient rassemblées à Espace Shawinigan, vendredi, au Musée du premier ministre Jean Chrétien, pour assister à ce colloque soulignant les 10 ans du refus du Canada de participer à l’offensive au Moyen-Orient.

D’autres intervenants ayant vécu cette décision importante et historique pour le pays prennent part à ce colloque, et expliquent les conséquences de ce refus.

Jean Chrétien a brièvement pris la parole pour expliquer les motifs de sa décision. «Ç’a été l’affirmation la plus éloquente de l’indépendance de notre pays», a confié l’ex-politicien shawiniganais. De son propre aveu, elle a été difficile à prendre, «parce que c’était une décision importante et qu’il fallait prendre la bonne».

«Je n’avais pas assez d’arguments pour convaincre le juge de la Cour municipale de Shawinigan!» a lancé M. Chrétien, déclenchant un éclat de rires généralisés dans la salle.

«Nous n’avions pas de certitude définitive. Je trouvais qu’il n’y avait pas assez de preuve (qu’il y avait des armes de destruction massive). M. Bush trouvait qu’il en avait assez à son goût.»

Le premier ministre est resté droit malgré les pressions de ses homologues américain et britannique, et même de Canadiens qui craignaient qu’un refus ne mine les relations entre le Canada et son voisin du sud. Il a indiqué que plusieurs croyaient jusqu’à la dernière minute qu’il allait se joindre à cette opération planifiée depuis plusieurs mois par les États-Unis.

«Ça a impressionné beaucoup de gens qui ont été surpris que le Canada ne soit pas là, et même ici, où certaines personnes croyaient qu’on n’avait pas le choix. Les gens dans le monde entier ont trouvé que nous avons pris une décision courageuse», a dit M. Chrétien, vendredi.

À l’époque, la plupart croyaient que le Canada ne pouvait dire non aux États-Unis. M. Chrétien avait alors demandé à un groupe d’hommes d’affaires inquiets de lui fournir une liste de tous les produits canadiens achetés par les Américains et dont ils n’auraient plus besoin. «Je l’attends encore!» a-t-il dit en souriant.

«On faisait 1,5 milliard $ d’affaires par jour avec les Américains. C’est énorme! Certains avaient peur qu’il y ait des conséquences économiques et c’était une peur légitime. Moi, je pensais que c’était dans l’intérêt du Canada de montrer notre indépendance», a-t-il poursuivi.

Si une majorité de Québécois ne voulait pas d’une participation à la guerre en Irak, l’opinion du reste du Canada restait partagée. Aujourd’hui, M. Chrétien estime que plus de 90 % des Canadiens approuvent la décision.

«Ils n’en ont pas trouvé, d’armes de destruction massive. Alors le temps m’a donné raison.»

 

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