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La fluoration de l’eau remise en question

Régys Caron

Régys Caron @

Journal de Québec, Publié le: | Mise à jour:

Eau

Photo Agence QMI / Archives

Le gouvernement Marois devra trancher entre des opinions hautement contradictoires quant à la pertinence d’interdire ou non la fluoration de l’eau potable.

La fluoration permettrait de réduire de 50% l’incidence de la carie dentaire, croit l’Institut national de la santé publique du Québec (INSP). La population du Québec présente une incidence de la carie de 40% supérieure à celle de l’Ontario a soutenu le docteur Michel Lévy. À peine 3% de la population du Québec reçoit de l’eau fluorée comparativement à 70% de la population ontarienne.

Des représentants de l’INSP ont comparu lundi devant la commission parlementaire chargée d’étudier l’opportunité d’interdire la fluoration de l’eau potable à la demande des signataires d’une pétition déposée par des opposants à la fluoration de l’eau. Selon l’INSP, la fluoration de l’eau est le moyen le plus efficace et le plus sécuritaire de réduire l’incidence de la carie dentaire, particulièrement chez les enfants provenant de milieux défavorisés où les habitudes d’alimentation et d’hygiène dentaire sont parfois déficientes.

«Efficace et sécuritaire»

La fluoration de l’eau à des fins de prévention de la carie dentaire consiste à ajouter entre 0,6 et 1,2 miligrammes de sodium fluoride par litre l’eau. «Ce n’est pas un médicament, c’est un produit naturel», a plaidé le président-directeur général de l’INSP Luc Boileau. La fluoration pourrait réduire l’incidence de la carie de 40% à 50%, a soutenu M. Boileau.

Il n’y a pas de lien de cause à effet entre le fluore et tous les cancers, pas plus qu’à quelle qu’autre maladie, suivant la concentration de fluore dissoute dans l’eau, a renchéri le docteur Michel Lévy, dentiste à l’INSP. Les plus grandes organisations vouées à la promotion de la santé publique, à commencer par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommandent la fluoration de l’eau, ont plaidé les représentants de l’INSP.

Produit toxique

«Le fluorure est un produit aussi toxique que le plomb et l’arsenic», a pour sa part plaidé Martine Châtelain, présidente de la Coalition Eau Secours, qui suivait l’INSP en commission parlementaire. À son avis, l’Institut national de la santé mine sa crédibilité en défendant la fluoration de l’eau. Les études évoquées par les défendeurs de la fluoration sont devenues obsolètes et contiennent des erreurs, a fait valoir Mme Châtelain.

Depuis 60 ans, la population canadienne qui reçoit de l’eau fluorée a diminué de 60% à 34%, soutient Mme Châtelain.

La fluoration de l’eau relève des municipalités et la Coalition Eau Secours demande au gouvernement de l‘interdire parce qu’il s’agit d’une question de santé publique. «C’est au gouvernement de prendre position, pas aux municipalités. Les maires n’ont pas les compétences scientifiques pour choisir le fluorer l’eau», a plaidé Mme Châtelain.

La commission parlementaire se poursuit mardi.

 

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