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Mourir dans la dignité

Mettre fin à ses jours sur demande

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L’État québécois s’apprête à offrir «l’aide médicale à mourir» dans un projet de loi portant sur les soins à prodiguer aux malades en fin de vie déposé mercredi à l’Assemblée nationale.

Le projet de loi 52 «concernant les soins en fin de vie» prévoit augmenter l’offre en soins palliatifs, décrits comme la solution par excellence aux souffrances des personnes en fin de vie. Le gouvernement Marois entend investir 15 millions de dollars à cette fin, dont 11 millions seront réservés aux soins palliatifs à domicile.

«Même les meilleurs soins ont des limites, a précisé la ministre déléguée aux Services sociaux, Véronique Hivon. Une minorité de personnes n’arrivent pas à soulager leurs souffrances, même avec des soins palliatifs.»

À l’intention de cette minorité de personnes, le projet de loi prévoit offrir une «aide médicale à mourir». Il s’agit d’une option supplémentaire qui serait offerte aux personnes aux prises avec des souffrances exceptionnelles.

Cette option ne pourrait être accordée qu’«au terme d’un processus rigoureux et balisé au cours duquel, entre autres, un médecin, dont l’avis serait confirmé par un autre médecin, devrait conclure que l’ensemble des conditions seront respectées», a exposé Mme Hivon.

Piqûre

Le patient désirant que l’on mette fin à ses jours devrait répondre à des critères stricts prévus à la loi: être atteint d’une maladie grave et incurable, connaître un déclin avancé et irréversible de ses capacités, éprouver des souffrances constantes, insupportables et inapaisables.

Une personne jugée admissible à cette procédure exceptionnelle se verrait administrer par injection (piqûre) un médicament qui aurait pour effet de mettre fin à ses souffrances en même temps qu’à ses jours. Le projet de loi ne contrevient pas au Code criminel, a affirmé la ministre. «Il s’inscrit dans les compétences du Québec en matière de santé. Nous sommes dans un contexte médical.»

La démarche est le résultat de la commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité tenue l’an dernier et dont les recommandations ont reçu l’appui de tous les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale, a précisé Véronique Hivon. Le projet de loi 52 sera étudié en commission parlementaire à l’automne.

Les fédérations de médecins omnipraticiens et spécialistes ont salué la démarche du gouvernement. À Ottawa, le ministre de la Justice, Rob Nicholson, a fait savoir qu’il «étudiera les répercussions du projet de loi du Québec» précisant que le suicide assisté et l’euthanasie sont interdits au Canada.

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