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« Une menace nationale »

Près du quart des membres des Forces canadiennes sont obèses, constate un médecin

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«L’obésité dans les Forces canadiennes est en train de devenir une menace nationale.»

«L’obésité dans les Forces canadiennes est en train de devenir une menace nationale.»

C’est ce qu’a confié un militaire au Dr Arya M. Sharma, professeur à la chaire de médecine pour l’obésité de l’Université d’Alberta.

De fait, un sondage révélait en 2008 que près du quart des membres de l’organisation présentaient un indice de masse corporelle supérieur à 30, indicateur d’obésité, selon l’Organisation mondiale de la Santé.

«Leur travail fait qu’il est difficile de contrôler leur poids, par exemple, s’ils n’ont pas assez de sommeil, explique le Dr Sharma. S’ils n’ont pas le temps de manger, leur lunch sera plus gros. Le stress ou l’ennui, lorsqu’on attend un signal, peut les faire manger.»

Depuis 2008, les Forces canadiennes (FC) ont donc notamment investi dans des entraîneurs personnels et le programme «Style de vie poids santé» pour tenter de régler le problème.

«C’est une inquiétude pour la chaîne de commandement», admet Daryl Allard, directeur de la condition physique et la santé dans les FC.

Évaluer les militaires

«Un membre obèse a trois fois plus de ­difficulté à réussir l’évaluation physique», ­observe M. Allard.

Auparavant, chaque année, les militaires ­devaient se soumettre au test EXPRES pour ­mesurer leurs capacités physiques. Seuls 5% d’entre eux étaient recalés.

Depuis le 1er avril 2013, cet examen est ­remplacé par l’évaluation FORCE, qui ­comporte notamment la levée de sacs de sable et une course navette avec charge.

Un militaire qui échoue peut repasser le test trois fois. Il a de trois à six mois pour se conformer aux normes, encadré par le ­personnel et les programmes précités.

S’il ne réussit toujours pas, le soldat doit se soumettre à un autre test évaluant sa capacité à accomplir des tâches communes, comme piocher et creuser, mettre en place une fortification de sacs de sable, transporter une civière, etc.

Il est très rare que le soldat ne puisse réussir cet ultime test, mais s’il s’en avère incapable, il pourrait être amené à quitter les FC.

Pour garder la forme, l’organisation prévoit une heure d’entraînement par jour, cinq jours par semaine, durant les heures de travail. On ne mesure toutefois pas l’assiduité des militaires.

Plus de recrues

Pour faciliter le recrutement, les FC ont ­éliminé en 2006 le test physique à l’enrôlement, qui est plutôt administré aux recrues au début de leur formation.

Ce changement leur a permis «de recruter des spécialistes extrêmement qualifiés, qui ne ­pourraient autrement s’enrôler à cause de leur manque de forme physique», soutient Michèle Tremblay, officier des affaires publiques des FC.

En cas d’échec, une recrue peut s’enrôler dans le programme Entraînement physique des ­guerriers. Elle a 90 jours pour atteindre les normes requises, sans quoi elle devra quitter les FC.

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