/news/health
Navigation
Programme de procréation assistée

Montréal privilégiée

L’attente pour la procréation assistée est neuf fois plus longue à Québec

OVO
Photo Jocelyn Malette, Agence QMI La clinique montréalaise de fertilité OVO ouvrira en octobre un nouveau point de service à Québec, où les délais sont importants.

Coup d'oeil sur cet article

L’attente avant d’avoir accès aux services de fécondation in vitro est jusqu’à neuf fois plus longue dans la région de la Capitale-Nationale qu’à Montréal, dénonce le CHU de Québec, selon qui le programme québécois de procréation assistée est inéquitable.

L’attente avant d’avoir accès aux services de fécondation in vitro est jusqu’à neuf fois plus longue dans la région de la Capitale-Nationale qu’à Montréal, dénonce le CHU de Québec, selon qui le programme québécois de procréation assistée est inéquitable.

L’attente se prolonge jusqu’à six à neuf mois, à Québec, alors que les délais ne dépassent guère trois à quatre semaines à Montréal, signale le CHU dans son mémoire remis en juin au Commissaire à la santé et au bien-être.

L’établissement, qui attend depuis des mois l’autorisation gouvernementale pour développer ces services, ne cache pas son impatience.

Après trois ans d’existence, les services de procréation assistée sont concentrés à 90 % à Montréal et offerts majoritairement en clinique privée. Au cours de la dernière année, sur 8000 cycles de fécondation in vitro, à peine 800 ont été réalisés à Québec, dont la totalité à la clinique privée Procréa.

Dans la région montréalaise, ce sont 75 % des cycles qui ont été faits en clinique privée. Leurs services sont remboursés par l’État selon les modalités prévues au programme québécois de procréation assistée.

«L’émission récente d’un permis d’opération de deux nouvelles cliniques privées dans la région de Montréal est incompréhensible dans le contexte actuel. Cela draine des ressources rares et va à l’encontre des proportions publiques/privées visées par le ministère de la Santé au départ», invoque le CHU de Québec.

Centre de 28,4 millions $

Ce dernier n’a toujours pas le feu vert pour la construction, au CHUL, d’un centre d’une capacité de 2000 cycles de fécondation in vitro par année, au coût de

28,4 millions $. «Nous sommes prêts depuis octobre dernier à faire un appel d’offres. Nous recevons beaucoup de demandes. On a aussi des enjeux de recrutement. On avait des gens dans la mire (des spécialistes en infertilité et des embryologistes), mais l’incertitude actuelle nuit à nos efforts», confirme la porte-parole du CHU de Québec, Geneviève Dupuis.

Le ministre Réjean Hébert a inauguré, en mai, le nouveau centre de procréation assistée du CHU Sainte-Justine, à Montréal. D’une capacité de 800 cycles de fécondation in vitro par an, il a coûté 7,7 millions $.

Enjeux éthiques

Le ministre de la Santé a également demandé au Commissaire à la santé et au bien-être de se pencher sur les activités de procréation assistée, en particulier sur les enjeux cliniques, éthiques et économiques.

Le groupe de travail est à analyser les 52 mémoires et les quelque 600 témoignages reçus. Les équipes ont notamment visité les différentes cliniques de procréation assistée au Québec et rencontré divers groupes et intervenants.

Le Commissaire doit remettre son avis au ministre l’hiver prochain. En 2011-2012, le programme de procréation assistée a coûté 16,8 millions $ de plus que prévu. Les dépassements se sont élevés à 757 100 $ l’année suivante.

 

Sur le même sujet
Commentaires