/news/politics
Navigation
Mourir dans la dignité

De l’«euthanasie» selon Philippe Couillard

Les libéraux sont divisés

Coup d'oeil sur cet article

Les libéraux sont profondément divisés sur l'aide médicale à mourir. Il s'agit d'«euthanasie» pure et simple selon certains d'entre eux, incluant leur chef Philippe Couillard.

 

Le consensus parlementaire sur cette question délicate n'est plus. Néanmoins, le projet de loi 52 de la ministre des Services sociaux Véronique Hivon a passé son premier test législatif avec succès, mardi après-midi à l'Assemblée nationale.

 

Quatre-ving quatre députés ont voté en faveur de l’adoption du principe. Cependant, 26 députés, dont 25 libéraux – la moitié du caucus – ont voté contre.

Exceptionnellement, toutes les formations politiques avaient permis le vote libre.

 

Les députés pouvaient voter en leur âme et conscience sur cet enjeu. C'est un «vote personnel», a insisté M. Couillard, qui doute de l'apparente unité au PQ, alors que l'ensemble des députés péquistes ont appuyé en bloc le projet de loi de leur consoeur.

 

Parmi les opposants, on retrouve les députés Pierre Paradis, Robert Dutil, Sam Hamad, Christine St-Pierre, Robert Poëti, Lise Thériault et Laurent Lessard. À la CAQ, seule Michelyne St-Laurent a voté contre.

 

«L’aide médicale à mourir, c’est de l’euthanasie. On t’injecte un produit qui fait que 5 minutes plus tard, tu es parti. Ce n’est pas un soin...Il peut y avoir cette espèce de dérive», a plaidé Marguerite Blais. Le député Pierre Arcand a dit craindre aussi des «dérapages».

 

L’ancien ministre de la Santé Yves Bolduc est quant à lui favorable au principe même si des clarifications et des bonifications s’imposent.

 

Un «euphémisme» selon Couillard

 

Le Dr Philippe Couillard estime que le concept d’aide médicale à mourir est un «euphémisme» dans sa forme actuelle et s'apparente davantage à de l'euthanasie. Il promet que son parti déposera plusieurs amendements en commission parlementaire.

 

Malgré ses réserves et son «profond malaise», le chef non-élu aurait toutefois voté en faveur de l’adoption du principe s’il avait pu, jugeant «légitime» de poursuivre le débat en commission parlementaire.

 

Mme Hivon se réjouit de l'appui d'une majorité de députés et maintient que l'appui est «très fort» au sein de la population.

 

«On sait qu’il y a des médecins et des gens qui sont contre pour des questions religieuses mais la population est très largement favorable. Il y a un très vaste consensus autant au sein de la population que des ordres professionnels que des organismes qui représentent les citoyens, les comités des usagers et l’office des personnes handicapées», a-t-elle fait valoir, soucieuse de rappeler que plus de 60 groupes ont eu l'occasion de se faire entendre à l'Assemblée nationale.

 

Elle a répliqué au chef libéral en tentant d'expliquer à nouveau la différence entre l'euthanasie et l'aide médicale. «L’euthanasie ne sous-entend pas que ça provient d’une demande de la personne elle-même, c’est un concept fondamental. Ça ne sous-entend pas non plus que cela doit être administré dans un contexte médical. C’est pour ça qu’on parle d’aide médicale à mourir.»

 

Québec solidaire a également appuyé le projet de loi du PQ. Le corps médical et la société québécoise «sont rendus là», a déclaré Amir Khadir, qui est médecin. «Il faut être capable donner une réponse, je dirais, humaine et digne à la question de souffrance en fin de vie, dans les maladies graves, pour lesquelles il n’y a aucune cure, aucune guérison d’envisageable. Et c’est exactement ce que le rapport suggère, avec un encadrement excessivement rigoureux».

 

 

Commentaires