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Musée de la civilisation: le merveilleux paradoxe haïtien

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Avec Haïti, in extremis, le Musée de la civilisation propose une nouvelle exposition très prenante qui glace le sang.

Au milieu de cette terre de désolation ébranlée par tant de tragédies économiques et environnementales, des artistes de la rue ont su exprimer leur vision personnelle à travers des œuvres où la vie et la mort s’entremêlent. Pour la première fois, les visiteurs pourront ressentir ce que ces victimes peuvent vivre de l’intérieur.

Un musée de la Californie a su rassembler ces œuvres saisissantes que le Musée de la civilisation présente en primeur canadienne.

D’ici août 2014, une centaine de tableaux et de sculptures faites à partir d’objets dénichés dans des cours de ferraille happeront le visiteur. Le spectre de la mort y est prédominant; quant à l’essence de la vie, elle est représentée par des organes génitaux masculins démesurés.

Dérision

Le tout s’entremêle dans une dérision désarmante. «Cette exposition est extrêmement forte par son propos et par ses œuvres», souligne Michel Côté, directeur général du Musée de la civilisation. Le ministre de la Culture et des Communications, Maka Kotto, ajoute: «Cette exposition est une démonstration éclatante que la création s’avère essentielle à la vie. Qui continue de créer ne meurt jamais.»

Paradoxe

Plusieurs artistes y vont de leurs commentaires manuscrits. Jan S. Dominique parle ainsi d’Haïti: «C’est un pays que j’aime... avec des gens qui aiment s’amuser malgré l’adversité. Se battre pour changer la vie. Créer à partir de rien.»

Michel Côté voit dans cette manifestation «le paradoxe d’un effondrement social et d’une effervescence artistique», qu’il qualifie d’«exemplaire».

À noter que l’exposition inclut des œuvres d’artistes québécois d’origine haïtienne.

On y remarque aussi la présence des gede, ces esprits divins vaudou incarnant la mort par des crânes ou des ossements.

Les médiums utilisés sont variés: textile, peinture, sculpture, techniques mixtes et multimédias.

En s’attardant aux textes, on comprend vite que dans la culture haïtienne, la vie et la mort sont imbriquées l’une dans l’autre. Comme l’écrit le sculpteur André Eugène: «Il n’y a pas de mort sans la vie, il n’y a pas de vie sans la mort.»

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