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Livre | Manifestations étudiantes

Les policiers québécois seraient incompétents et trop violents

Un ancien gendarme français critique la gestion des manifs du Printemps érable

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Photo d'Archives Les policiers du Québec ont beaucoup pratiqué la gestion de foule durant l’année 2012 pourtant, un ancien policier français estime qu’ils ne sont pas parvenus à développer de techniques d’intervention efficace.

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Méthodes inefficaces, surutilisation de la violence et manque d’imputabilité : dans son livre à paraître bientôt, un ancien gendarme français critique les policiers québécois pour leur gestion des manifestations du Printemps érable.

Méthodes inefficaces, surutilisation de la violence et manque d’imputabilité : dans son livre à paraître bientôt, un ancien gendarme français critique les policiers québécois pour leur gestion des manifestations du Printemps érable.

Dans l’essai Enquête sur la police, Stéphane Berthomet analyse plusieurs interventions de corps policier du Québec, surtout lors des manifestations de l’automne 2012.

«J’ai vu les manifestations et je me suis dit: il y a quelque chose qui cloche, explique l’auteur. J’ai commencé à m’intéresser à d’autres situations et je ne reconnaissais pas la pratique policière telle que je la connais».

À L’AMÉRICAINE

Selon l’auteur, les arrestations massives de manifestants lors de la grève étudiante n’ont strictement rien donné de positif. Il estime que les policiers auraient dû faire comme en Europe, soit cibler les casseurs, les sortir de la fou­le, les mettre à l’arrêt et laisser les autres manifester.

L’ex-policier a relevé d’autres similarités avec nos voisins du Sud en étudiant des cas où les agents ont abattu un citoyen.

«Le Québec fait une erreur en américanisant ses méthodes policières dans une société qui n’est pas comme la société américaine. Ici, les gens ne portent pas de gun et il n’y a pas beaucoup d’homicides», précise M. Berthomet.

«La technique d’intervenir avec l’arme au poing n’a pas sa place au Québec parce que les policiers n’ont aucune chance de se faire tirer», cite-t-il en exemple.

PROBLÈME DE STRUCTURE

L’auteur croit que ce ne sont pas les agents, mais la structure des corps de police qui pose un problème.

«Par exemple, l’agente 728 [suspendue après avoir été filmée à plusieurs reprises alors qu’elle abusait de sa force contre des citoyens] a une part de responsabilité dans ce qu’elle a fait, mais en même temps, c’est la structure qui l’a laissé glisser», explique M. Berthomet qui déplore l’absence de garde-fous pour encadrer le travail des policiers. «Les policiers ne voient que des trucs dégueulasses, ils voient des injustices et même quand ils font leur travail, ça n’aboutit pas toujours à de bons résultats, alors ça les fait glisser moralement», explique M. Berthomet.

Il estime aussi que des mécanismes de sanctions plus sévères et plus transparents devraient être mis en place.

CRITIQUE CONSTRUCTIVE

L’auteur et ex-enquêteur de la Direction de la surveillance du territoire (équivalent de la GRC française) se défend d’avoir des comptes à régler avec les policiers.

«J’ai une position critique envers le système, mais jamais je ne manque pas de respect à la fonction policière, ajoute-t-il. Je sais qu’il y a des trucs merveilleux qui se font dans les services policiers, mais mon créneau c’est la critique et je le fais pour que les choses s’améliorent et je propose des solutions aussi.»

L’essai Enquête sur la police sera publié mercredi, chez VLB éditeur.

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