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Défiguré par un patin

Sébastien Courcelles victime d’une grave coupure à la joue

Simon Cliche

Simon Cliche @

Journal de Québec, Publié le: | Mise à jour:

Victime d’une grave coupure à la joue samedi soir, à Saguenay, l’attaquant Sébastien Courcelles, de l’Isothermic de Thetford Mines, prend du mieux.

À la suite d’une mise en échec de Jean-Michel Bolduc, des Marquis de Jonquière, Courcelles est tombé sur la patinoire et a ensuite été coupé par le patin de son adversaire. Après avoir passé plus de deux heures sur la table d’opération, Courcelles assure qu’il va bien.

IL VEUT JOUER VENDREDI

«Mon but est de jouer vendredi avec un protecteur facial complet, a-t-il dit le plus sérieusement du monde. Un nerf du visage a été atteint et le médecin ne sait pas encore si je garderai des séquelles. Comme exercice, ce dernier m’a dit de plisser le front et de sourire souvent. Présentement, j’avoue avoir un peu de difficulté à sourire, puisque mon visage est légèrement figé du côté gauche.»

Le capitaine de l’Isothermic n’a pris connaissance de la gravité de la blessure qu’à sa sortie du bloc opératoire. «Lorsque la coupure est survenue, je savais seulement que j’avais reçu un bon coup sur la mâchoire et que je saignais beaucoup. Tout à coup, j’ai entendu mon frère (et coéquipier) Simon qui, étant pompier, a reçu une formation de premier répondant. Il criait de mettre de la pression sur ma joue. Il a ensuite dit d’appeler l’ambulance et de composer le 9-1-1. À ce moment, je me suis dit que ça ne devait pas être beau.

«À la suite de l’opération, j’ai vu la cicatrice dans le reflet d’une fenêtre. Je suis devenu vert en raison d’une baisse de pression. Mon frère a dit que je suis devenu tout d’un coup fluo!»

BON MORAL

Après le match, Courcelles a reçu la visite de ses coéquipiers. «Je ressemblais à une momie tellement j’avais des bandages au visage. Lorsque les gars sont arrivés, ils ont pris beaucoup de photos. L’ambiance était donc assez détendue et mon moral était très bon.

«Pendant que j’attendais à l’urgence, deux personnes en arrêt cardiaque ont été admises. Je me suis donc dit qu’il y en avait des pires que moi.

«Pour l’instant, j’ai le visage enflé, mais je vais bien. Si ma conjointe ne m’avait pas retenu, je serais aller travailler ce matin (lundi). Dans les circonstances, c’est finalement une bonne chose qu’elle m’en ait empêché», a dit le directeur des comptes chez Québecor Média.

« Notre gardien a failli s’évanouir » — Bobby Baril

Sans le vouloir, Bobby Baril, entraîneur de l’Isothermique, était aux premières loges pour constater l’importante blessure de Sébastien Courcelles.

Entraîneur depuis plusieurs années, Baril ne se souvient pas d’avoir vu une blessure aussi spectaculaire.

«Ce n’était vraiment pas beau à voir. Je dirai seulement qu’il s’agit d’une blessure particulière. C’est quelque chose que tu ne veux pas voir. Lorsque Sébastien est passé à côté de Kevin Desfossés, notre gardien, ce dernier a failli s’évanouir. Il y a eu un froid dans l’aréna.»

Réputé pour son jeu physique, Courcelles compte très peu d’amis sur la patinoire.

Malgré la rivalité qui oppose l’Isothermique aux Marquis de Saguenay, Courcelles n’a que de bons mots à l’endroit que la concession saguenéenne.

BOLDUC S’EXCUSE

«À la suite de l’accident, parce que ça en est un, j’ai reçu un message de Jean-Michel Bolduc. Il m’a présenté ses excuses, même s’il n’avait pas à le faire en espérant que je revienne au jeu rapidement.

«Quant à Marc Boivin, propriétaire des Marquis, nous nous sommes souvent crié des bêtises par la tête. Ce dernier a toutefois été l’un des premiers à m’aider. Je n’ai que de bons mots à l’endroit de l’Isotermique et des Marquis.»

PAS UN EXPLOIT

Depuis l’accident, Courcelles a reçu plusieurs messages d’encouragement. «J’ai reçu beaucoup de messages me disant de ne pas lâcher, que je suis un guerrier. Je suis content des louanges, mais je déplore toutefois qu’il ait fallu un accident pour que je les reçoive.

«C’est très gentil, mais je n’ai rien accompli pour recevoir ces compliments. Il a fallu que je me fasse arracher la face pour les avoir. C’est un bête accident et non pas un exploit.»

Courcelles saura dans les prochaines semaines, sinon des mois, s’il aura besoin de recourir à la chirurgie esthétique.

«Je dois dire que les médecins ont accompli un travail extraordinaire. La cicatrice ne paraît pas tant que ça. J’ai été chanceux dans ma malchance.»

— SIMON CLICHE | Le Journal de Québec

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