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Robert-Giffard

« Un cocktail épouvantable »

L’Institut en santé mentale songe à bannir les boissons énergisantes, qui se marient mal aux médicaments

Institut universitaire en santé mentale de Québec
© Photo Benoît Gariépy L’Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ) a lancé, dans un premier temps, une campagne de sensibilisation visant à réduire la consommation de boissons énergisantes.

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Les boissons énergisantes et certains médicaments ne font pas bon ménage, constate l’Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ), qui songe à en interdire la consommation dans ses murs, a appris le Journal.

«Une boisson énergisante peut représenter l’équivalent de quatre à cinq cafés. Cela fait un cocktail épouvantable avec certains médicaments (qui agissent sur le système nerveux central)», rapporte Alain Rioux, directeur adjoint à la qualité, performance, à l’IUSMQ, établissement jadis connu sous le nom de Centre hospitalier Robert-Giffard.

L’établissement a lancé, dans un premier temps, une campagne de sensibilisation visant à réduire la consommation de boissons énergisantes, en particulier chez les jeunes patients «accros» à ces stimulants.

Cette initiative a incidemment été primée par l’Ordre des diététistes du Québec. «Si notre campagne ne donne pas les résultats escomptés, on regarde même l’interdiction des boissons énergisantes dans les murs de l’hôpital, tant pour les patients que pour le personnel», préconise M. Rioux.

L’IUSMQ compte 1650 employés. L’an dernier, 1338 personnes ont été hospitalisées; plus de 6500 patients sont suivis en consultation externe.

Nombreux effets indésirables

Le taux de caféine dans les boissons énergisantes est quatre à cinq fois plus élevé que dans les boissons gazeuses. La taurine, un acide aminé qui agit notamment sur les muscles, s’y trouve à fortes concentrations.

La consommation excessive de boissons énergisantes peut provoquer de nombreux effets indésirables, allant des troubles du rythme cardiaque et de l’humeur à l’hypertension artérielle et aux convulsions.

D’ailleurs, lorsqu’une personne, en particulier un jeune, se présente à l’urgence pour des troubles du rythme cardiaque, l’une des premières questions qu’on lui pose, c’est si elle consomme des boissons énergisantes.

Données américaines

Entre 2007 et 2011, aux États-Unis, les consultations aux urgences associées à ces produits ont presque doublé, atteignant quelque 20 000 visites. Dans la grande majorité des cas, il s’agissait de jeunes âgés de 18 à 25 ans, selon Le Figaro.

Combinées à l’alcool, les boissons énergisantes en augmentent l’effet excitant et sont fortement déconseillées. Malgré les mises en garde répétées, ces produits continuent à être consommés de manière abusive.

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