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tragédie de l’isle-verte

Le feu lui fait perdre l’amour de sa vie

Vivant par miracle, l’ex-chef pompier Conrad Morin aurait tenté l’impossible pour sauver son épouse

Éva Saindon et Conrad Morin étaient mariés depuis 68 ans.
photo courtoisie Éva Saindon et Conrad Morin étaient mariés depuis 68 ans.

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L’Isle-Verte | Conrad Morin a passé sa vie à combattre le feu et c’est le feu qui lui a fait perdre l’amour de sa vie, Éva, avec qui il était marié depuis 68 ans.

L’Isle-Verte | Conrad Morin a passé sa vie à combattre le feu et c’est le feu qui lui a fait perdre l’amour de sa vie, Éva, avec qui il était marié depuis 68 ans.

L’homme de 88 ans n’a pas besoin de présentation dans la région. Il a été durant plus de 30 ans chef pompier et a fondé le service de sécurité incendie de la municipalité de Saint-Louis-du-Ha! Ha!. La caserne porte son nom.

Il agissait aussi comme policier et gérait aussi le magasin général de la ville. «Conrad Morin est un pionnier, une légende et un monument pour nous», lance l’actuel chef pompier de Saint-Louis-du-Ha! Ha!, Michaël Morin.

Il venait, avant les Fêtes, d’emménager avec son épouse, Éva Saindon, à la Résidence du Havre. Sa chambre était au 3e étage. Sa femme résidait au rez-de-chaussée, elle qui avait besoin d’assistance constante. Elle aurait fêté ses 93 ans le 7 février.

Avec l’aide d’un drap

M. Morin s’est réveillé en raison de la fumée lors du drame. De l’hôpital, il a raconté la série d’évènements à son fils, Jean-Yves. «Il s’est approché de la porte et la poignée était chaude. Il a tout de suite réalisé qu’il ne devait pas sortir par là. Il a pris un drap, l’a accroché sur son balcon et a tenté de descendre du troisième», explique son fils. «C’est l’instinct du chef pompier. Il avait son plan», assure-t-il.

L’ex-sapeur a raconté avoir entendu sa cousine crier à l’aide dans une chambre voisine. Mais il était impuissant devant le monstre de feu. Il devait descendre par l’extérieur.

Chute

Le drap n’a pas tenu le coup et M. Morin a effectué une violente chute sur la glace. Les genoux en sang, en rampant, M. Morin a tenté d’éviter les débris enflammés qui le pourchassaient. C’est là que le gardien de nuit et la copropriétaire, Irène Plante, l’ont aperçu et ont été en mesure, héroïquement, de l’éloigner du brasier. Mais sans qu’il puisse se rendre à la chambre de sa femme, où les flammes sévissaient.

Hospitalisé à Rivière-du-Loup, M. Morin est immobilisé après de multiples fractures aux côtes et un important traumatisme à la colonne vertébrale. Il a aggravé une blessure au dos qui datait d’une intervention lors d’un incendie dans les années 70.

Même s’il arrivait à peine à bouger après la chute, M. Morin a fait une confidence à sa famille, en reprenant ses esprits. «J’aurais dû y retourner, on serait mort ensemble», a rapporté sa belle-fille, Lise Francoeur, d’un ton secoué, mais touchée par l’attachement de ses beaux-parents. Conrad Morin, qui a toute sa vie été le protecteur de sa communauté, aurait fait l’impossible pour sauver celle qu’il aime depuis près de 70 ans.

 

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