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Parler de hockey, c’est du sport !

Un ouvrage sur le vocabulaire de notre sport national paraît demain

Canadien c Red Wings
Photo d’archives

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À écouter les émissions de débat présentées en fin de soirée à la télé sportive, difficile de s’imaginer le hockey et la langue française faire bon ménage. Pourtant, dans un ouvrage disponible en librairie dès demain, Benoît Melançon nous démontre que le hockey possède un vocabulaire pour le moins diversifié.

Dans Langue de puck – Abécédaire du hockey, Benoît Melançon s’attarde à des centaines d’expressions francophones tirées du jargon de notre sport national. Comme l’auteur se passionne pour les mots de même que pour le hockey, il allait de soi pour lui d’accoucher d’un tel lexique.

«Au fil du temps, j’ai accumulé des choses sur la langue du hockey en me disant qu’un jour, j’en ferais quelque chose», souligne Benoît Melançon, qui dit prendre des notes lorsqu’il regarde un match de hockey à la télé.

L’ouvrage en question ne contient pas de «perronismes», terme utilisé pour décrire certaines expressions de l’ancien entraîneur-chef du Canadien Jean Perron. Le contenu de Langue de puck témoigne plutôt d’un méticuleux travail de recherche, alors que les références historiques et culturelles y sont nombreuses.

«Le livre a été rédigé de façon sérieuse, mais dans un esprit amusé tout de même. Les références culturelles permettent de démontrer que le sport est un phénomène culturel et qu’il est partout: au cinéma, à la télé, dans les journaux, à la radio et dans les livres», indique l’auteur qui, en 2006, avait publié un livre sur la représentation de Maurice Richard dans la culture québécoise.

L’ancêtre de René Lecavalier

Si l’on doit plusieurs des termes et expressions liés au hockey au défunt René Lecavalier, Benoît Melançon a découvert, en menant ses recherches, qu’un vocabulaire francophone propre au hockey existait bien avant que les matchs soient radiodiffusés.

Au début du 20e siècle, l’abbé Étienne Blanchard a proposé plusieurs termes.

Bon nombre de ces termes ont été remplacés, mais nous avons toujours recours à certains d’entre eux aujourd’hui.

«C’est par hasard que j’ai fait cette découverte. J’ai commandé les dictionnaires visuels des années 1920 de l’abbé Blanchard sans savoir qu’il y était question de sport», raconte ­Benoît Melançon.

«On dit que René Lecavalier a donné au hockey ses lettres de noblesse, ce qui est vrai. Mais il est intéressant de savoir que même si les choses ont changé, parfois radicalement, il y a une langue relevée depuis les débuts du hockey», ajoute l’auteur, qui est également professeur à l’Université de Montréal.

Enfin, Benoît Melançon espère que son ouvrage divertira les amateurs de hockey tout en les incitant à se questionner sur le sens de certaines expressions. Par exemple, l’expression «passe suicide» est contradictoire selon lui, puisque la passe est dangereuse pour le joueur qui la reçoit et non celui qui l’effectue.

«Si on se met à y réfléchir, plusieurs expressions soulèvent des questions. Je prends toujours l’exemple d’un Français qui entendrait un descripteur de matchs de hockey dire qu’un joueur purge une mineure sur le banc. Il se poserait des questions», termine l’auteur.

 

Termes empruntés
Dans Langue de puck, vous ­découvrirez que...
L’expression tour du chapeau nous vient du criquet
Le mot galine (rondelle) est disparu de notre vocabulaire
Pour parler de hockey, on a souvent recours à des termes militaires: guerrier, boulet, bombe, brigade, repli défensif, fusillade, mitrailler
Le hockey emprunte aussi plusieurs expressions à la science et à la médecine: chimie, hémorragie, fièvre des séries
Les termes mise au jeu et mise en jeu sont tous deux acceptés
Le terme Habitants est aparu en 1914, et le mot Habs au cours des années 1940
À une certaine époque, on jouait sur un patinoir plutôt que sur une patinoire
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