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OTTAWA | Rapport

La police coûte trop cher et une réforme s’impose, selon un comité parlementaire

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Étranglé par une explosion des salaires et des responsabilités de plus en plus lourdes, le modèle policier actuel «n’est plus durable» au Canada.

Étranglé par une explosion des salaires et des responsabilités de plus en plus lourdes, le modèle policier actuel «n’est plus durable» au Canada.

C’est la conclusion du Comité permanent de la sécurité publique et nationale, formé de députés fédéraux à Ottawa, après une vaste consultation des forces de l’ordre au pays.

Il faudra faire de la police autrement et à moindre coût, «pendant l’actuelle période d’austérité» et à l’avenir, prévient-il dans le rapport Aspects économiques liés aux services de police, déposé à la Chambre des communes en mai.

Ce virage vise à éviter des mises à pied massives ou des coupes budgétaires de 20 % à 40 %, comme l’ont fait plusieurs villes et États américains ou des pays tel que la Grande-Bretagne.

Flambée salariale tolérée

Le comité n’avance toutefois rien pour freiner la flambée salariale des policiers, «en grande partie» responsable de la hausse des coûts en sécurité publique.

«La rémunération a progressé de 40 % depuis dix ans», quatre fois plus que le salaire moyen des Canadiens et «nettement plus vite que l’inflation», constate-t-il.

Les régimes de retraite, les avantages sociaux et les heures supplémentaires ont aussi été «des facteurs majeurs», ajoutent les élus. La masse salariale accapare «souvent de 80 à 90 %» des budgets des corps de police.

Mais le travail est «difficile». Pour attirer et garder des policiers compétents, «il faut leur proposer un salaire suffisant», selon le comité.

Plus de privé...

Parmi les solutions, le comité parle de revenir aux «responsabilités de base». Des tâches — non identifiées — pourraient être confiées à «d’autres organisations gouvernementales».

Le recours aux agences de sécurité privées ou à des employés civils est aussi encouragé pour des tâches secondaires. «Les fonctions de la police n’exigent pas toutes un agent portant un insigne et une arme.»

Il faut également trouver «des façons de générer des revenus», comme l’imposition de tarifs pour certains services (telle la vérification d’antécédents judiciaires) ou des déplacements inutiles de patrouilleurs (fausses alarmes).

Moins d’heures à la cour

Aussi, les heures gaspillées au palais de justice à attendre pour rien parce que la cause sera remise ou réglée, sans que les policiers n’aient témoigné, sont source de «frustration».

Environ 80 % des agents assignés au tribunal ne témoigneraient «jamais». Leur employeur doit néanmoins les payer, souvent en heures supplémentaires. Le système de justice doit y voir.

De même, «le comité craint que la hausse du nombre d’appels relatifs à des cas de troubles mentaux ait de graves répercussions sur la disponibilité des ressources policières et que le temps consacré à ces incidents éloigne ces ressources de leurs fonctions principales.»

Les ministères et organismes dans le domaine de la santé sont appelés à contribuer davantage à ces interventions pour «que la police ne soit plus le premier et unique répondant».

Le Québec en avance

Appelé à commenter ce rapport, Jean-Pierre Gariépy, ex-chef de la police de Laval, a dit au Journal que le Québec est déjà en avance sur les autres au chapitre des solutions proposées par Ottawa.

«Notre modèle de police est de loin supérieur autres autres provinces. On a montré l’exemple. Mais il ne faut pas se cacher la tête dans le sable. Il y a encore des choses à faire pour nous améliorer», a soutenu l’ex-président de l’Association des directeurs de police du Québec.


Le rapport mentionne qu’au Québec, le salaire moyen d’un policier est parmi les plus bas au pays et augmente moins vite qu’ailleurs.

 

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