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Québec doit limiter la procréation assistée

Procréation assistée
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Le programme de procréation assistée financée par l'État pourrait disparaître, a déclaré le ministre de la Santé Gaétan Barrette.

Et si le programme devait être maintenu, l'accès sera considérablement réduit, a signifié M. Barrette vendredi à l’Assemblée nationale. «Dans notre budget, nous avons pris l'engagement de réviser la pertinence de tous les programmes. Ce programme sera révisé comme les autres», a dit M. Barrette.

Le ministre de la Santé a salué le rapport du commissaire à la santé et au bien-être, Robert Salois, sur la procréation assistée. Ce document, commandé par le gouvernement Marois, visait à examiner la pertinence du programme instauré en 2010 par le gouvernement Charest et d'en examiner les enjeux éthiques, sociaux et financiers.

Comme le révélait récemment Le Journal, le commissaire recommande le maintien du programme à condition d'en limiter l'accès et de mettre fin à certaines dérives. «Le programme actuel, dans les conditions actuelles, n'est pas viable ni socialement acceptable», a déclaré Robert Salois, en conférence de presse.

Facture

La facture liée au programme de procréation assistée a atteint 67 millions l'an dernier. Depuis quatre ans, le trésor public a dépensé 146 millions pour les activités liées à ce programme. En outre, l'autofinancement qu'avait évoqué l'ex-ministre de la Santé Yves Bolduc ne s'est pas réalisé.
Le premier ministre Philippe Couillard avait d'ailleurs évoqué, pendant la campagne électorale, le réexamen du programme de procréation assistée. «Le programme est-il justifié, cohérent, bien administré», avait questionné le chef libéral.

Dérives

Par ailleurs, le commissaire Salois soulève la nécessité d'imposer des balises afin d'encadrer certaines dérives, dont celle de faire appel à des mères porteuses. Les contrats liant ces femmes et les demandeurs sont nuls et les enfants nés de tels contrats risquent de se retrouver sans parents, a signalé une cosignataire du rapport, Mme Ingebord Blanquaert.

De même, le magasinage d'embryons de la part de futurs parents désirant déterminer à l'avance les qualités de leur futur enfant devra être encadré. «Il faut un débat social, il est essentiel de baliser le programme», a dit M. Salois.

«Que le programme demeure financé par des fonds publics ou non, il y aura des balises», promet le ministre de la Santé. Des changements législatifs seront proposés à l'automne.

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