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Fillette tuée | Grand Nord

«Des attaques comme celles-là, c’est très rare»

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Les chiens inuits canadiens, comme celui qui aurait causé la mort d’une fillette samedi dans un petit village du Nord-du-Québec, ne sont habituellement pas des chiens dangereux, mais ils sont toujours moins «fiables» lorsqu’ils sont attachés, selon un spécialiste.

«Des attaques comme celles-là, c’est très rare», dit Éric Coïa, président de l’organisme Chiots nordiques, qui vise à améliorer les conditions de vie des meutes de chiens errants vivant dans le Nord du Québec et au Nunavik.

La petite Sheena, 4 ans, a été retrouvée morte dans un champ du petit village de Puvirnituq, samedi après-midi, après avoir été attaquée par le chien d’un voisin. Selon un témoin, il s’agirait d’un chien de traîneau, attaché à l’aide d’une chaîne, que le propriétaire préparait pour la saison. Difficile de comprendre pourquoi la bête aurait attaqué la fillette.

Peur

«Peut-être qu’il a eu peur, qu’il s’est senti attaqué. Un chien attaché est toujours moins fiable qu’un chien en liberté. Parce que s’il se sent en danger, le chien va toujours préférer fuir avant d’attaquer. Mais s’il ne peut pas, et qu’il se sent contraint, il peut attaquer par peur.»

La surpopulation de chiens errants est telle, dans le Nord-du-Québec, que plusieurs manquent de nourriture, ajoute M. Coïa.

«Si le chien n’a pas beaucoup de nourriture, et que quelqu’un s’approche de lui, alors qu’il vient de trouver un peu de nourriture, ça se peut qu’il morde. Mais de là à tuer?»

«Les chiens de traîneau sont habituellement les mieux traités, ils doivent être bien entretenus pour pouvoir participer à la course Ivakkak (célèbre course au Nunavik)», continue-t-il.

La Sûreté du Québec, venue épauler le corps régional de police Kativik, a statué hier qu'il s'agissait d'une mort accidentelle, mais n'avait pas plus de détails sur les circonstances du triste accident.

«Aucun élément criminel n'a été retenu, l'enquête est terminée», a dit Marie-Josée Ouellet, porte-parole de la SQ.

«Lire» les chiens

L’organisme Chiots nordiques, en plus d’orchestrer des adoptions de chiens errants et d’organiser des cliniques de stérilisation, visite les écoles primaires et secondaires pour apprendre aux jeunes à «lire» les chiens, selon leur posture.

«Dans la façon dont il nous regarde, un chien va nous dire de ne pas approcher. Si on s’approche quand même, il va grogner et japper. Si on continue, en général, il va faire un «snap», soit une morsure et il relâche. L’étape suivante, c’est la vraie morsure, où il ne relâchera pas. Mais des fois, il se peut qu’ils saute des étapes s’il se sent vraiment menacé par l’humain.»

Mais un chien inuit aurait-il pu se sentir menacé à ce point par une fillette de quatre ans?

«Les enfants ne traitent pas toujours les chiots d’une très bonne façon, avance M. Coïa. Mais on ne sait pas ce qui s’est passé, dans ce cas-ci.»

Éric Coïa insiste : les chiens inuits canadiens, le type de chiens que l’on retrouve à Puvirnituq, ne sont pas des chiens dangereux à la base.

«Ils sont assez indépendants, et ils ont un fort caractère. Mais ils sont très fidèles.»

Il ajoute que depuis que son organisme a commencé ses opérations de stérilisation, en mai 2012, les bénévoles ont été en contact avec près de 800 chiens.

«Souvent, on doit les attraper et les mettre dans des cages, explique M. Coïa. Jamais il n’y en a un qui s’est reviré pour nous attaquer. En deux ans, nous avons eu deux cas de morsures.»

«Mon ange»

La mère de la petite Sheena, Mary Uqaituk, était trop sous le choc pour accorder une entrevue au Journal, hier. Sur sa page Facebook, elle a publié plusieurs photos de son petit «ange», et exprimé son désarroi. «La vie ne sera plus jamais la même sans toi, nous t’aimons, tu nous manques», a-t-elle écrit.


 

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