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Politique

Confusion à la direction informatique

Confrontés à un manque d’information, les élus critiquent les fonctionnaires responsables

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L’informatique a coûté aux Québécois environ 3 milliards de dollars l’an dernier, a-t-on appris. Mais impossible d’avoir le chiffre exact, même le gouvernement, à son plus grand désarroi, l’ignore.

L’informatique a coûté aux Québécois environ 3 milliards de dollars l’an dernier, a-t-on appris. Mais impossible d’avoir le chiffre exact, même le gouvernement, à son plus grand désarroi, l’ignore.

«Je suis personnellement très préoccupé par le manque d’information», a tranché le président du Conseil du trésor et responsable des dossiers informatiques au gouvernement Martin Coiteux. Il a lancé ce message de blâme envers ses propres hauts fonctionnaires la semaine dernière.

C’était lors d’une commission parlementaire mouvementée sur l’informatique, qui s’est transformée en véritable tribunal sans appel pour les responsables informatiques de la fonction publique.

Ça va mal et ça ne peut plus durer ainsi. Voilà ce que les élus de l’opposition et même le gouvernement avaient à leur dire.

Selon ce qu’on a appris, les postes de certains hauts cadres sont d’ailleurs en jeu avec la volonté du nouveau gouvernement de changer les façons de faire. Les fonctionnaires sont incapables de dire combien les projets informatiques ont coûté aux Québécois l’an dernier et cette année, ce qui a estomaqué les élus.

Cher, mais on ignore combien

C’est la députée péquiste Élaine Zakaïb qui a d’abord simplement demandé le coût pour la dernière année.

Après une longue explication selon laquelle des mécanismes de saine gestion ont été implantés, un fonctionnaire a fini par lancer qu’il avait seulement l’information pour les ministères et organismes, ce qui n’inclut pas les réseaux de la Santé et de l’Éducation. Selon nos analyses, le coût total franchit les 3 milliards de dollars en incluant les réseaux.

Étonnée, la députée a alors demandé les coûts totaux estimés pour l’année en cours. La réponse du fonctionnaire fut encore saisissante: « Nous sommes en train de recueillir ces informations», rendant ainsi mal à l’aise Martin Coiteux, son patron, assis à ses côtés.

Projet de l’année

Mme Zakaïb a aussi questionné le gouvernement sur les coûts estimés d’un projet précis inscrit dans le budget cette année. Pas de réponse claire non plus, créant une autre situation gênante.

C’est le dirigeant principal de l’informatique du Québec, Jean-Marie Lévesque, qui était chargé de répondre aux questions avec

M. Coiteux. Il est le fonctionnaire numéro 1 de l’informatique au Québec et préside le Centre des services partagés du Québec.


 

L’opposition exige des réponses

 «Chaque jour qui passe on perd des dizaines de millions dollars. Il y a urgence à la demeure!», a scandé le député de la CAQ, Christian Dubé, devant les fonctionnaires et le gouvernement durant cette commission parlementaire.

«Quand est-ce que vous allez agir?», a-t-il questionné. «Vous avez deux milliards [pour la prochaine année] dans votre budget de dépense, c’est tout croche. Ce n’est pas une question d’année. Il faut que ce soit une question de jour», a poursuivi celui qui suit de très près les enjeux informatiques et qui était en colère de constater les mêmes problèmes que l’an dernier, malgré des promesses de changements.

«Ça ne peut plus durer […] J’essaie de voir si un département au gouvernement est plus mal géré que celui de l’informatique au Québec. C’est tout à fait inacceptable ce qu’on a entendu […] On ne parle pas de centaine de millions de dollars, on parle de milliards!»

Perte de temps

Lors des commissions parlementaires, la règle permet aux députés du parti au pouvoir de questionner leur collègue du gouvernement.

Utilisant de précieuses minutes qu’avaient les élus pour confronter le premier fonctionnaire de l’informatique, le député libéral Jean Habel a jugé utile pour les travaux de lui demander la définition de son poste et la mission de son organisme. L’information est accessible en un clic sur internet.

Malaise

Le député Saul Polo a posé des questions avec d’interminables introductions écrites sur plusieurs pages, créant un certain malaise, surtout quand le tout s’est soldé par une question à laquelle on avait déjà répondu.

Choqués, des membres de l’opposition se seraient passés de ce jeu politique alors que les Québécois veulent des réponses sur les problèmes en informatique.  

 

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