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Du sexe en ligne qui tourne mal

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Une racoleuse virtuelle a fait chanter six hommes de Laurier-Station à la suite de séance de masturbation au début juillet, publiant les images de leur pénis sur le Web.

Une racoleuse virtuelle a fait chanter six hommes de Laurier-Station à la suite de séance de masturbation au début juillet, publiant les images de leur pénis sur le Web.

Durant la semaine du 21 juillet dernier, des hommes de Laurier-Station se sont liés d’amitié sur Facebook avec une femme. Tous ces hommes ne se connaissent pas, mais ont tous été piégés.

Après avoir établi un lien de confiance et exprimé son désir d’avoir de la compagnie, la dame demandait aux hommes de la rejoindre sur Skype, afin de voir l’homme en action sur vidéo. Une fois en contact, elle demande à la victime de montrer son pénis. Certains vont jusqu’à une masturbation mutuelle avec la fille.

Une fois l’image du pénis captée, la dame lui envoie un message indiquant qu’il venait de se toucher devant une mineure, menaçant de publier l’image et ce message sur le Web ou d’envoyer l’information à des stations de nouvelles comme TVA. Une fausse information afin de forcer l’homme à vider son compte bancaire.

Modus operandi

Un piège à l’échelle provinciale selon la SQ, mais qui a durement touché un quartier de Laurier-Station au début des vacances d’été.

La façon de faire est toujours la même. Une jeune fille hameçonne un homme, peu importe l’âge. Après être devenus amis sur Facebook, ils s’adonnent à une séance de masturbation sur webcam.

«Une fois la séance terminée, les menaces commencent. Curieusement, toutes les fois, le micro de la dame ne fonctionne pas, donc la discussion se fait toujours par écrit. L’image n’est pas toujours claire aussi», relate Jérôme April, le directeur de la SQ dans Lotbinière.

Une fois l’image de la masturbation captée, la dame demande à la victime de déposer de l’argent à la Western Union.

Lorsque la panique s’installe, un faux compte de la police international Interpol apparaît à l’écran de la victime et menace de déposer un mandat d’arrêt planétaire contre l’individu.

Enquête

Au total, six hommes ont subi la médecine de la racoleuse et quatre ont porté plainte.

La Sûreté du Québec confirme avoir ouvert une enquête, mais soutient qu’elle a peu de chance de réussite. «Il y a deux dossiers sur les quatre où il y a un peu de viande pour travailler, mais avec la cybercriminalité, on ne se fait pas d’idée beaucoup. Ça vient presque tout de la Côte d’Ivoire», explique Jérôme April.

«On a été plus ciblé qu’à l’habitude», a-t-il dit, soutenant qu’aucune des victimes n’avait finalement transféré de l’argent.


 

Piégé à cause de sa curiosité

L’image du pénis de Nelson, 39 ans, s’est retrouvée sur sa propre page Facebook après avoir fait confiance à une nouvelle amie virtuelle.

Un homme de Laurier-Station a décidé de lever le voile sur sa mauvaise expérience avec une fraudeuse du Web. Il veut ainsi prévenir la population de ce nouveau fléau.

Pendant trois jours, Nelson et Mandalena Rauber ont discuté sur Facebook, de tout et de rien.

«Elle disait venir de Cabano, avoir une vingtaine d’années et vivre en appartement avec sa sœur. J’étais certain qu’elle venait du Québec», explique Nelson. «Elle avait l’air pas pire. Elle m’intéressait physiquement. J’ai embarqué. Elle disait vouloir une relation sérieuse. J’étais curieux. Je cherchais de vraies amies.»

Relation intime

Rapidement, la fille s’est dite très intéressée à lui, soutenant même tomber en amour, a-t-il raconté au Journal. Durant la discussion, Mandalena lui demande de se connecter à Skype, car elle se sent seule. Elle lui donne alors son nom d’utilisateur, baby.love1212.

«Je m’ennuie. Je suis dans ma chambre et seule dans mon lit», disait l’un des messages.

Nelson hésite et décide d’en discuter avec ses collègues au bureau avant d’agir. Ces derniers le rassurent, indiquant que Skype est un service de webcam gratuit.

Lors de la discussion suivante, il se connecte et accepte de montrer son pénis devant l’insistance de Mandalena. «Je pensais que j’avais affaire à une nymphomane», dit-il.

Cependant, il a rapidement reçu un message Facebook, affichant un montage avec son organe génital et un faux message. «Nelson se branle sur une webcam devant une fille de 9 ans», soulignait un faux lien Web qui mentionnait même le lieu de résidence de l’homme. Ce lien se trouvait sous de vieilles publications que Nelson avait mises sur son mur Facebook personnel.

«Je ne suis pas un pédophile. Elle devait penser que j’avais beaucoup d’argent, mais elle n’avait pas “pogné” le bon gars», explique Nelson qui est directement allé à la police afin de raconter son histoire.

Depuis, le compte Facebook de Mandalena Rauber est disparu du Web tout comme l’image du pénis de Nelson