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Austérité: Dramatiser afin imposer ses dogmes

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Philippe Couillard, et son trio de banquiers-ministres économiques, messieurs Leitao, Daoust et Coiteux, aiment bien fabuler et dramatiser. La manigance vise à alarmer et par la suite soumettre la population afin de facilement implanter des politiques idéologiques et à tuer dans l’œuf toute opposition.

Philippe Couillard, et son trio de banquiers-ministres économiques, messieurs Leitao, Daoust et Coiteux, aiment bien fabuler et dramatiser. La manigance vise à alarmer et par la suite soumettre la population afin de facilement implanter des politiques idéologiques et à tuer dans l’œuf toute opposition.

Début septembre, premier acte: «Couillard juge la situation alarmante et affirme que les finances publiques sont dans un état lamentable». Au deuxième acte, tout le monde aura compris, et devra surtout accepter sans rechigner qu’il y aura de «douloureuses compressions à prévoir». Évidemment, situation «alarmante» rime avec «douloureuses compressions.»

Puis, après les mantras d’un simplisme «alarmant» venant des élus libéraux, voilà que le premier ministre, se surpassant, accouche de cette perle: «Philippe Couillard cherchera à couper sans nuire à l’économie» (Journal de Montréal, 19 mai 2014). Scientifiquement impossible, disent tous d’une même voix les organismes économiques mondiaux et des économistes réputés, tel le prix Nobel d’économie et ancien économiste en chef de la Banque mondiale, l’Américain Joseph Stiglitz. Voilà ce qui arrive quand on se pense excellent dans tout.

Même idéologie

Actuellement dans le monde, et encore plus au Canada, les deux plus grands dangers qui guettent les populations actuelles et les générations futures sont la hausse effrénée des inégalités économiques et le réchauffement climatique. Tant le premier ministre Couillard au Québec que le «Premier» Stephen Harper à Ottawa ignorent et nient non seulement ces graves problèmes indéniables, mais ils les amplifient par des politiques inappropriées: «Menaces sur la stabilité du monde. Les écarts entre riches et pauvres inquiètent les 700 experts sondés par le Forum économique mondial (un organisme privé)» (Le Devoir, 17 janvier 2014). Que dites-vous de celle-ci: «Hausse des inégalités: si, même Wall Street s’inquiète» d’après une étude de la banque d’affaires Morgan Stanley (29 septembre 2014). Qu’à cela ne tienne, monsieur Couillard persiste dans son obsession de sabrer.

Couillard est le seul à avoir raison

En Occident, les dernières politiques d’austérité ont cruellement échoué avec à la clé, des conséquences tragiques sur les finances publiques, le chômage, les jeunes et les générations futures. Selon l’organisme de droite qu’est le Fonds monétaire international: «Le FMI admet que l’austérité aggrave les inégalités sociales» (Le Devoir, 14 mars 2014). Il recommande plutôt de hausser les impôts sur le revenu, les taxes sur la propriété foncière et d’augmenter les dépenses publiques à visées sociales. Tout le contraire de ce qu’envisage le premier ministre Couillard.

Même l’ancien gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge, a affirmé que: «L’austérité n’est pas le remède approprié» (Le Devoir, 12 juin 2014). Stiglitz a clairement mentionné que: «L’austérité, quelle idée toxique. Les inégalités s’aggravent» (Le Devoir, 13 avril 2013). Idem aussi pour: «Pierre Karl Péladeau contre l’austérité. Le député défend les programmes sociaux du Québec» (Le Devoir, 30 septembre 2014).

Monsieur Couillard devrait donc reconsidérer ses politiques idéologiques qui, assurément, vont empirer le sort de la classe moyenne, des démunis et des services publics. Mais, pour lui, les dogmes prévalent sur la réalité.

 

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