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Accident de travail

«Si ce n’est pas "safe", vas-y pas»

Stéphane Malenfant poursuit maintenant son nouvel objectif de vie au Nunavut, où il travaille comme opérateur d’équipements lourds dans les mines d’or pour Agnico Eagle division Meadowbank.
PHOTO COURTOISIE Stéphane Malenfant poursuit maintenant son nouvel objectif de vie au Nunavut, où il travaille comme opérateur d’équipements lourds dans les mines d’or pour Agnico Eagle division Meadowbank.

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« Suis ton instinct et si ce n’est pas "safe", vas-y pas », voilà le simple conseil que lance un accidenté du travail, victime d’un incident chez l’entreprise Premier Tech de Rivière-du-Loup.

Stéphane Malenfant admet qu’il a perdu près d’une décennie de sa vie, suite à un accident de travail, qui a chambardé tous ses plans d’avenir. « Un accident de travail, ça touche toutes les sphères de ta vie. Tu as mal, tu es dans les dédales de la CSST et des employeurs, tu attends après tes paies, tu atteins le fond de la déprime », confie-t-il au Journal.

C’est le 11 novembre 1999, alors qu’il était manœuvre chez Premier Tech et qu’il était âgé de 23 ans, que Stéphane Malenfant, originaire de Squatec au Témiscouata, a reçu un objet suspendu d’environ 800 lbs sur le pied. « Sincèrement, je suis bien placé pour offrir ce conseil, parce que je l’ai vécu et je suis capable de revenir en arrière et de me questionner. Quand tu as un doute, t’as le droit de refuser ».

En effet, c’est définitivement ce que souhaitent les experts dans le domaine. Christiane Plamondon est conseillère en santé et sécurité au travail chez Conseillère SST et encourage les travailleurs à utiliser cette mesure. « L’employeur ne peut congédier un employé pour avoir utilisé son droit de refus. Aussi, c’est le représentant de l’employé qui devra trouver des solutions avec l’employeur pour corriger la situation. La sécurité du travailleur ne devrait jamais prévaloir sur le travail à exécuter. Une vie ne peut être rachetée, un membre amputé ne peut être rendu… c’est évitable surtout si le danger avait été ressenti ».

Quant à Stéphane Malenfant, pendant trois ans, les opérations et l’alternance entre le retour au travail léger et des mois de convalescence à la maison se sont succédé. « Je me rends compte que j’étais rendu haineux, j’en voulais à tout le monde. Toute ma vie basculait, ça chamboulé ma vie de couple, j’étais devenu tellement marabout ». Grâce aux gens de la CSST, il retourne finalement à l’école et suit une formation en opération de machinerie lourde.

Après coup, Stéphane Malenfant convient que s’il n’ira jamais « jogger » comme tous les autres et qu’il ne pourra jamais effectuer un travail debout pendant des heures, le fait que la vie ait forcé un changement de cap a aussi eu des avantages. « Je suis descendu tellement bas, que maintenant j’apprécie à l’autre extrême tout ce que la vie fait de bon pour moi ». Il a donc fait le choix d’aller apprendre l’anglais en travaillant en Alberta et il a poursuivi son nouvel objectif de vie au Nunavut, où il travaille aujourd’hui comme opérateur d’équipements lourds dans les mines d’or pour Agnico Eagle division Meadowbank. « Aujourd’hui, je m’amuse avec des "tonkas" dans un carré de sable. Au final, je pratique le plus beau métier du monde ».

 

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