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Shoiry blâme Labeaume de «trop imposer ses idées»

Le chef de l’opposition dresse un bilan dévastateur de l’administration du maire

Paul Shoiry
Photo Stevens LeBlanc

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Démocratie Québec dresse un bilan dévastateur de la première année du nouveau mandat de l’administration Labeaume. «On a un maire trop fort, trop puissant qui impose trop ses idées et qui n’est pas challengé par son équipe», tonne Paul Shoiry.

Le chef de l’opposition à l’hôtel de ville ne mâchait pas ses mots mercredi en entrevue éditoriale avec Le Journal pour critiquer Régis Labeaume.

«Il en brasse du vent. Il brasse des idées. Il donne l’impression qu’il fait beaucoup de choses, mais en réalité qu’est-ce qu’il a fait en 2014? Je ne suis pas sûr. Il y a des réalisations, mais ce n’est pas extraordinaire», lance M. Shoiry.

Ce dernier a dressé une longue liste des «flops» de l’administration municipale dans la dernière année, incluant les écoquartiers, le Cyclotron, ExpoCité et ExpoQuébec et l’usine de biométhanisation.

Coffre-fort virtuel

En tête de liste arrive le dossier du coffre-fort virtuel sur lequel l’opposition a tapé en fin d’année dernière en révélant que le géant français des télécommunications Orange ne souhaite pas s’installer à Québec, comme l’avait soutenu le maire. M. Labeaume a aussitôt démenti en affirmant que la main gauche d’Orange ne savait pas ce que la main droite faisait au Québec.

«C’est l’exemple parfait du problème qu’on vit à la Ville de Québec», soutient le chef de l’opposition. En dépit des questions soulevées par des fonctionnaires, il affirme que le maire n’a fait qu’à sa tête avec le coffre-fort virtuel qui n’a séduit que 900 citoyens, alors que la Ville en espérait 30 000 d’ici 2017. «Il a imposé son pouvoir et c’est le danger», dit-il.

Le Concorde

M. Shoiry a cité aussi comme autre «dossier impulsif et nébuleux» celui du Concorde où le maire a «imposé sa vision» en faisant adopter un règlement qui force la préservation de la vocation uniquement hôtelière de l’établissement de la Grande Allée.

Horloge dorlotée

L’installation de l’horloge du Jura dans une «maison chauffée» près de l’hôtel de ville n’est rien de moins qu’une «erreur monumentale de 500 000 $» aux yeux de l’opposition officielle.

«On loge mieux une horloge que des citoyens qui vont patiner sur les patinoires cet hiver. Il y a des patinoires extérieures qui ont des cabanes qui sont à jeter par terre ou à fermer», a déploré M. Shoiry.

Ce dernier soutient que le cadeau du canton suisse pour le 400e anniversaire de Québec attire peu les curieux et aurait eu, à ses yeux, plus d’impact dans le hall d’entrée du nouvel amphithéâtre. Il a rappelé les commentaires émis par les créateurs suisses de l’horloge qui ont exprimé leur surprise de voir la pièce installée à l’extérieur en raison des rigueurs de l’hiver.


 

Le plan de mobilité qualifié de « flop majeur »

L’opposition à l’hôtel de ville souhaite que 2015 ne soit pas juste l’année de l’amphithéâtre, mais aussi celle de la mobilité durable et de l’aménagement du territoire.

Promise l’automne dernier, l’étude de faisabilité sur l’implantation d’un tramway devrait être dévoilée en février.

Paul Shoiry déplore que l’administration municipale ait choisi en cours de route de modifier les hypothèses étudiées pour y inclure les systèmes rapides par bus en raison de leur coût d’implantation moins élevé que celui d’un tramway.

«C’est 5 millions de dollars de fonds publics gaspillés pour l’étude. On a changé les objectifs de l’étude avant qu’elle ne soit complétée. Là, on ne sait plus où on s’en va dans ce dossier. On tourne en rond», s’est indigné le chef de l’opposition officielle.

Il a enchaîné en qualifiant le plan de mobilité durable du maire Labeaume, adopté en 2011, de «flop majeur».

«Peu de choses ont été faites», a-t-il soutenu, citant la meilleure coordination des feux de circulation qui a été réalisée, ainsi que l’affichage des espaces de stationnement disponibles.

Vision à court terme

L’aménagement du territoire inquiète également les élus de Démocratie Québec. Un nouveau schéma d’aménagement devait être déposé en 2014, mais l’administration municipale a reporté sa présentation à 2016.

En attendant, les citoyens seront consultés en 2015 sur les plans de développement et d’aménagement urbain.

Aux yeux de M. Shoiry, il s’agit d’un enjeu crucial qui a des effets à long terme. «On sous-estime toujours l’importance de ce travail-là. Il y a peu de monde qui voit ça actuellement, mais ça, c’est des effets qu’on voit 20 ans plus tard», a-t-il dit.

Il dénonce la stratégie «à court terme» de Régis Labeaume, qui ne vise, selon lui, qu’à faire augmenter les revenus fonciers de la ville en densifiant.

«Il ne faut pas le faire en pensant tout le temps: revenus, revenus, revenus. Ça, c’est une erreur, dit l’ancien maire de Sillery. Pendant ce temps-là, la ville ne va nulle part.


 

Ce qu’il pense de...

La négociation sur la place publique

Le chef de l’opposition officielle accuse le maire Labeaume de faire de la politique «sur le dos des employés». Il croit que les relations de travail ne s’amélioreront pas à la Ville de Québec tant que le maire commentera les dossiers et s’en prendra aux chefs syndicaux sur la place publique. «Les relations sont difficiles et le maire en est responsable. Si le maire arrête de parler des négociations publiquement, vous allez voir un assainissement dans les relations de travail. C’est simple», estime Paul Shoiry.

L’avenir du vieux Colisée

«On le donne au privé ou on le démolit», tranche l’élu de l’opposition. Paul Shoiry ne croit pas à une des hypothèses envisagées par l’administration municipale, soit de l’utiliser pour compenser le manque de glaces pour le hockey mineur et les ligues de garage. «Il y a des arénas pour ça, le vieux Colisée ne doit pas servir à ça», a-t-il dit. Les coûts de démolition, au même titre que les coûts d’entretien du vieil édifice, doivent être pris en considération, a-t-il ajouté.

La prolifération des restaurants

Démocratie Québec croit que la Ville de Québec doit intervenir pour réglementer la prolifération des restaurants dans certaines zones. Des restaurateurs en difficulté ont récemment demandé au maire Labeaume d’intervenir au chapitre de l’émission des permis. «Quand le maire dit: “moi, je ne me mêle pas de ça, on va survivre, et puis Target ferme, je m’en sacre”, il ne prend pas ses responsabilités. C’est sa job. S’il ne veut pas la faire, sa job, on va la faire à sa place en 2017», a lancé Paul Shoiry.

La stratégie de développement économique

«Elle est à revoir entièrement», lance l’élu de Démocratie Québec en entrevue. Paul Shoiry estime que le ralentissement de l’économie aura des impacts importants sur les finances de la Ville de Québec. «On vit une période très difficile sur le plan économique, les gens, je pense, ne s’en rendent pas compte encore, indique-t-il, en pointant entre autres du doigt l’endettement des ménages. Pour la Ville, c’est un défi majeur.»

 

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