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Une idée, pour réussir l’intégration

Parlement d'Ottawa
Photo les archives Agence QMI

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Il suffit d’ouvrir la télévision dans le ROC ou de se présenter dans un point de service de l’administration municipale, provinciale ou fédérale à Vancouver, Toronto ou Calgary pour être visuellement frappé par le fait que le Canada a désormais mille visages et que, jusqu’ici, il semble mieux réussir la diversité que le Québec.

Je prends mon domaine en exemple. J’ai un malaise certain en constatant la faible représentation de gens nés ailleurs dans nos films. La comparaison avec le cinéma canadien est éloquente. Pourquoi? Les proportions annuelles d’immigration sont pourtant semblables dans les deux sociétés.

À mon avis, les Québécois sont à deux cheveux d’avoir un problème avec l’intégration de ses immigrants. Si on veut parvenir à être une nation postmoderne francophone, solidaire, internationaliste et riche, il faut à mon avis réfléchir vite et bien.

Nous sommes un jour nés dans ce pays où tout est plus facile (qu’en Inde, au Turkménistan, au Nigéria, en Bolivie ou au Congo, mettons). Notre confort est réservé aux 5 % de l’humanité (est-ce qu’on le sait?). Dès lors, crédo; apprendre à nos enfants que le reste du monde nous concerne toujours; faire pression sur nos États pour que la mise à sac des pays du Sud par nos grandes entreprises et les organisations internationales au service du Nord cesse; combattre toutes les formes de racisme et de conservatisme; et puis surtout, s’assurer de partager notre chance. En 2015, dans une société riche comme la nôtre, l’ouverture des frontières est un devoir.

Société du 21e siècle

Mais ça ne s’arrête pas là. Il faut maintenant réussir l’intégration. Et c’est évident à l’œil nu, il faudra travailler plus fort à bâtir une société du 21e siècle qui marche (si on ne veut pas avoir les mêmes problèmes que la France, par exemple!). Une société où les chances sont VRAIMENT égales. Une société qui tend résolument la main aux gens qui l’ont choisie.

Pourquoi n’instaurerions-nous pas des programmes de «service civil obligatoire» de six mois dans lequel tous les jeunes adultes devraient «servir» dans une autre région que la leur, entre le cégep et l’université?

Les jeunes gaspésiens participeraient par exemple à des projets d’aménagement de jardins sur les toits dans ParcExt ou dans Côte-des-Neiges. Les jeunes de Montréal-Nord ou de Ville Saint-Laurent travailleraient à installer des composteurs dans les foyers de personnes âgées de Québec, de Salluit ou de Saint-Georges-de-Beauce.

Grands projets

Imaginez les bienfaits d’un tel chantier, à l’échelle nationale! Imaginez la cohésion sociale d’un pays où chaque citoyen aurait partagé le quotidien et la culture de «d’autres sortes de citoyens québécois» issus d’autres réalités et géographies que la sienne. Ce genre d’expérience créerait un ciment extraordinaire, en plus de permettre la réalisation de grands projets d’intérêt public.

Une société où les gens se côtoient et se connaissent est une société où l’intégration va de soi (et où le racisme n’existe pas). Lorsqu’on réalise des projets ensemble, nos histoires se tricotent automatiquement des liens inextricables.

Et ce jour-là, on peut recommencer à rêver de faire un pays. Ensemble.