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Risques d’érosion à Sainte-Brigitte-de-Laval: La mairesse tente de se faire rassurante

La mairesse de Sainte-Brigitte-de-Laval, Wanita Daniele
Photo Le Journal de Québec, Jean-Luc Lavallée La mairesse de Sainte-Brigitte-de-Laval, Wanita Daniele

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La mairesse de Sainte-Brigitte-de-Laval a passé la journée à tenter d’apaiser les craintes des citoyens qui ont appris dans nos pages, jeudi, qu’ils habitent dans une zone jugée «à risque d’érosion accentué» par la MRC, une évaluation «erronée» selon elle.

Wanita Daniele dit avoir appris il y a seulement un mois l’existence de la carte de la MRC - qui apparaît pourtant dans le schéma d’aménagement depuis 2004 - lorsque son directeur de l’aménagement du territoire a superposé plusieurs cartes dans un nouveau logiciel.

Depuis, elle est en «mode solution» et a embauché un spécialiste qui sillonne la municipalité pour étudier les sols. La mairesse n’avait pas cru bon d’alerter la population et les quelques 300 propriétaires concernés avant d’obtenir les résultats finaux des analyses qui sont en cours.

Quelques futurs propriétaires ont toutefois été rencontrés puisque la municipalité a suspendu, jusqu’à nouvel ordre, l’émission de tout nouveau permis de construction dans les zones dites à risque. En ignorant la carte de la MRC, depuis 2004, la Ville a émis des centaines de permis qui n’étaient pas conformes aux règlements municipaux.

Mme Daniele a déjà demandé à la MRC de retirer les zones rouges de la carte qui a été élaborée en 1995 et qui pose problème puisque les données, dit-elle, sont imprécises et théoriques. «La MRC nous a dit qu’il n’y avait jamais eu aucune vérification sur place par des experts alors, nous, on s’est dit : on va les faire les vérifications parce que notre objectif premier, c’est de s’assurer de la sécurité des citoyens.»

Des résultats «préliminaires» rassurants

Lors d’un point de presse en après-midi, dans le secteur des travaux au bout de la rue des Matricaires – qui se situe dans une des zones rouges – la mairesse et son expert se sont montrés très rassurants.

«Ici, on a un ruisseau sur un côté du développement et une rivière de l’autre. Je n’ai pas terminé de marcher le long de ces cours d’eau mais je n’ai rien vu comme érosion dangereuse», a insisté l’ingénieur géotechnicien Raymond Juneau, de l’entreprise LEQ.

Raymond Juneau, ingénieur géotechnicien de la compagnie LEQ (Laboratoire d'expertises de Québec)
Photo Le Journal de Québec, Jean-Luc Lavallée
Raymond Juneau, ingénieur géotechnicien de la compagnie LEQ (Laboratoire d'expertises de Québec)


«Le territoire de Sainte-Brigitte-de-Laval, en particulier le développement du golf, celui que j’ai regardé le plus, est constitué de roc et par-dessus le roc, c’est du till, un dépôt glaciaire. Ce n’est pas propice à des glissements de terrain importants. Si on a un glissement de terrain dans ce genre de matériau-là, ce sont des glissements de surface.»

Pour l’heure, l’expert a effectué seulement une inspection visuelle des terrains. «J’ai pas besoin de forage. Ça fait quarante ans (que je fais ça). Je vais faire des tests de sols, des forages, si je le juge à propos. Pour le moment, ici, je n’en vois pas. Je n’irai pas creuser pour trouver le roc à un mètre de profondeur.»

Des correctifs nécessaires

L’expert admet toutefois qu’il a identifié quelques terrains où des travaux correctifs mineurs seront nécessaires afin de corriger des pentes trop abruptes. Mme Daniele n’a pas voulu dire si ces correctifs seraient aux frais de la municipalité. «On attend d’avoir les rapports, les estimations aussi, puis on va déterminer ce qu’on va faire.»

Bien qu’il s’agisse d’un dossier de compétence municipale, le ministre responsable de la région de Québec, Sam Hamad, a dit que le gouvernement allait «regarder ce qu’on peut faire pour aider», a-t-il déclaré, se désolant pour les citoyens touchés.

«Ce qui est important dans ce dossier-là, c’est d’être très transparent et de donner toute l’information à la population», a commenté le député libéral du comté, Raymond Bernier. Le préfet de la MRC Robert Miller n’a jamais rappelé Le Journal, jeudi, malgré nos demandes répétées.

- Avec la collaboration de Marc-André Gagnon​

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