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Couillard à Queen’s Park

Un discours fondé sur l’ouverture, le respect et la ­coopération

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Certains commentateurs ont souligné, avec raison, le caractère historique du discours de Philippe Couillard devant la législature ontarienne.

Certains commentateurs ont souligné, avec raison, le caractère historique du discours de Philippe Couillard devant la législature ontarienne.

Ce caractère historique découlait évidemment du fait qu’il s’agissait du premier discours d’un premier ministre québécois à Queen’s Park depuis celui de Jean Lesage en 1964. Mais ce caractère tenait aussi au fait que le discours de Philippe Couillard a confirmé la dimension non seulement économique, mais aussi politique de la relation Québec-­Ontario.

Sur le plan économique, il y a lieu de rappeler que le 2 juin 2006, Jean Charest et Dalton McGuinty ont signé un protocole de coopération, neuf ententes sectorielles et une entente mettant fin au différend qui existait alors entre les deux provinces dans le secteur de la construction.

Cet événement a donné le coup d’envoi au resserrement de la relation Québec-Ontario. Cela a été suivi par quatre réunions conjointes des conseils des ministres des deux provinces, en 2008, 2009, 2010 et 2014. Ces rencontres ont été très fructueuses. Par exemple, en 2009, les premiers ministres Charest et McGuinty ont conclu l’Accord sur le commerce et la coopération Québec-Ontario. C’est précisément cet accord que, en 2014, les premiers ministres Couillard et Wynne se sont engagés à redynamiser.

Quatre thèmes

Sur le plan politique, Philippe Couillard a abordé à Toronto quatre thèmes centraux. Le premier est le rayonnement de la langue française, en tant que «caractéristique fondamentale de l’identité canadienne». Ce rayonnement passe notamment par le renforcement de la francophonie canadienne. Il passe aussi par le rôle clé du Québec en ce qui touche à la protection, la pérennité et la vitalité du français en Amérique du Nord et partout dans le monde. Mais, de préciser Philippe Couillard, le développement de notre héritage francophone doit s’inscrire dans le respect de la diversité, de même que dans la reconnaissance de l’apport des Autochtones, des anglophones et des nouveaux arrivants à la construction du Québec et du Canada d’aujourd’hui.

À la lumière d’un tel discours, il n’y a pas de doute que la bonne entente entre Philippe Couillard et Kathleen Wynne est prometteuse

Le second thème est la force politique du Canada central. Sur cette question, Philippe Couillard a rappelé à quel point le Québec et l’Ontario sont capables de faire bouger les choses au Canada lorsqu’ils agissent comme les alliés naturels qu’ils ont parfois été au cours de leur histoire commune, plutôt que comme des concurrents.

Le troisième thème est l’accroissement des relations entre toutes les provinces canadiennes. De fait, lorsqu’elles travaillent ensemble au sein du Conseil de la fédération, les provinces peuvent à la fois mieux assumer leurs compétences, influencer l’évolution du fédéralisme canadien et contribuer au règlement de problématiques aussi vitales que celle des changements climatiques.

Reconnaissance de la spécificité du Québec

Enfin, le quatrième thème va dans le sens de la reconnaissance forte, enthousiaste et formelle de la spécificité du Québec. Cette dernière se définit par la langue, la culture et la tradition civiliste, de même que par les valeurs sociales partagées par les Québécois. Tout cela donne au Québec son visage singulier.

À la lumière d’un tel discours, il n’y a pas de doute que la bonne entente entre Philippe Couillard et Kathleen Wynne est prometteuse. Le ton est donné et les objectifs sont connus. Si tout cela devait se confirmer, ce seront non seulement le Québec et l’Ontario qui seront gagnants, mais aussi tout le Canada.

 

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