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Tornade municipale

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Il a venté très fort dans le monde municipal avec la loi sur les régimes de retraite, mais ce n’était rien comparé à la tornade qui s’annonce, alors que le gouvernement entend revoir le rapport de force des villes pour négocier avec leurs employés.

Il a venté très fort dans le monde municipal avec la loi sur les régimes de retraite, mais ce n’était rien comparé à la tornade qui s’annonce, alors que le gouvernement entend revoir le rapport de force des villes pour négocier avec leurs employés.

Le maire Labeaume était perçu un peu comme un fou prêchant dans le désert lorsqu’il avait dénoncé, au congrès de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) en 2008, le fait qu’il n’avait pas le pouvoir d’imposer des conditions, et déploré que les gestionnaires des villes se retrouvent à la merci des syndicats. Il est revenu souvent à la charge pour réclamer l’abolition de l’arbitrage pour les pompiers et policiers, le droit au lock-out et le pouvoir de décréter les conventions collectives.

Le sujet était extrêmement tabou alors, et les maires n’osaient pas se mouiller. La mairesse de Longueuil s’était d’ailleurs gardée de se pointer lors d’un discours sur le sujet qu’avait prononcé M. Labeaume devant la Chambre de commerce de la Rive-Sud de Montréal, en 2012. «Frapper le mur ou faire sauter les carcans»: tel était le thème de la conférence. Le ministre de l’époque s’était aussitôt empressé de fermer la porte à revoir ces règles.

Dépenses insoutenables

Comme quoi les temps changent, le ministre Moreau est ouvert à donner plus d’outils aux villes, s’appuyant sur l’urgence de réduire leurs «insoutenables dépenses». Or les salaires des employés municipaux, qui sont 38 % plus élevés que les fonctionnaires provinciaux, représentent le principal poste budgétaire des villes.

Tant les élus que le ministre ont soigneusement évité, hier, de parler de droit au lock-out. Tous les moyens seront étudiés, dit-on, préférant écarter la logique de confrontation. Même M. Labeaume s’est montré très nuancé. La capacité de payer des contribuables doit être davantage prise en compte, estiment néanmoins de nombreux maires. Un bon moyen d’y parvenir consisterait à revoir le processus très imparfait d’arbitrage, qui favorise les syndicats.

Le discours de M. Moreau a fait bondir Marc Ranger, du Syndicat canadien de la fonction publique. Pourtant, a-t-il plaidé, il y a très peu de grèves dans les villes. Or s’il n’y a pas de grève, c’est justement parce que les règles anéantissent le rapport de force des villes, qui préfèrent accéder aux demandes de peur d’y laisser leur chemise au bout du processus. Vivement qu’on mette un terme à cette spirale.

 

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