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Recentrer le PQ : la quadrature du cercle

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Pour Pierre Karl Péladeau, le plus facile est derrière lui. Il sait sûrement qu’il prend la tête d’un parti qui, le passé en témoigne, peut à tout moment devenir ingouvernable et se montrer d’une dureté impitoyable à l’égard de ses chefs.

Pour Pierre Karl Péladeau, le plus facile est derrière lui. Il sait sûrement qu’il prend la tête d’un parti qui, le passé en témoigne, peut à tout moment devenir ingouvernable et se montrer d’une dureté impitoyable à l’égard de ses chefs.

À l’exception peut-être de M. Parizeau, tous les chefs du PQ, y inclus son fondateur René Lévesque, ont eu à subir les foudres des militants avec souvent, comme résultat, l’abandon du gouvernail.

Les factions de gauche

Et il est bien connu que les troubles et les frondes proviennent toujours des trois factions qui logent au sein du PQ depuis toujours: l’aile des indépendantistes «purs et durs», celle de la gauche syndicale et celle de l’écologisme.

Martine Ouellet a réussi l’exploit de les rassembler toutes les trois sous sa bannière. Et comme elle a récolté 13 % des voix, cela nous permet de prendre la mesure de ces trois factions regroupées.

Elles sont minoritaires au sein du parti. Ce fut d’ailleurs toujours le cas. Mais n’oublions pas que c’est une minorité qui a une grande aptitude à déclencher des mutineries, toujours nuisibles au parti.

Or, devant un État-providence en crise (le modèle québécois), une fiscalité accablante, une dépendance plutôt gênante à la péréquation, une dette publique énorme et des dysfonctionnements néfastes dans plusieurs programmes de l’État, que nous propose cette gauche à trois branches, sinon les bons vieux mantras étatistes: nouveaux impôts, faire cracher davantage les riches, mettre en œuvre de nouveaux programmes et chromer davantage les programmes existants.

M. Péladeau devra trancher. Il peut bien faire des minauderies à cette gauche écolo-syndicaliste, qui entend bien régenter, avec son idéologie vieillotte, le PQ, mais il ne ferait alors que se retrouver sur le terrain de Québec solidaire... où il n’y a strictement rien à gagner!

Un recentrage nécessaire

C’est de toute évidence l’électorat de la CAQ qu’il doit chercher à séduire. Or, c’est un électorat qui est convaincu qu’il faut lever les entraves qui empêchent la création de richesses, par exemple les moratoires de tous ordres qui paralysent le développement économique.

Le nouveau chef du PQ semble être conscient de cette réalité électorale, car pour sa première question en Chambre, il a choisi le thème de l’économie. Il est vrai qu’il l’a fait par le biais d’une bonne vieille «péquisterie», un sommet. Il doit bien savoir que cela est dérisoire.

Il saute donc aux yeux de tout observateur le moindrement attentif au réel que M. Péladeau doit recentrer le PQ en misant, d’une part, sur l’enracinement identitaire de la nation québécoise (ce que le PLQ est incapable de faire, compte tenu de la nature de sa base électorale) et, d’autre part, en se faisant l’apôtre crédible et convaincant de la création de richesses et du développement économique.

J’ajouterais qu’il ne doit pas considérer comme futiles les efforts d’assainissement des finances publiques déployés par l’actuel gouvernement. Critique sur certains choix, sans doute, mais hostile à l’objectif, certainement pas.

Et si ce nécessaire recentrage provoquait une crise au sein du PQ et des départs fracassants, je pense, ma foi, que ce pourrait être une purge somme toute bénéfique. Qu’adviendrait-il? Martine Ouellet et Marc Laviolette rejoindraient Québec solidaire? Ah! Bon! Et alors?