/news/currentevents
Navigation

Vandalisme sans précédent au cimetière Saint-Charles

Coup d'oeil sur cet article

Des vandales ont commis un geste ignoble et d’une ampleur sans précédent en profanant pas moins de 200 pierres tombales du cimetière Saint-Charles, à Québec, dans la nuit de mercredi à jeudi.

C’est le contremaître, Robert Julien, qui en a fait la triste découverte, jeudi, en faisant sa tournée matinale. «C’est du vandalisme assez majeur. Ça fait 25 ans que je suis là et je n’ai jamais vu ça», se désole-t-il, se disant «révolté».

Les dommages, assez étendus, se situent un peu à l’est du centre de la vieille partie du cimetière, celle qui longe la rivière Saint-Charles dans une longue bande étroite. Certaines pierres ont été renversées alors qu’elles étaient profondément enfoncées dans le sol, ce qui fait dire à M. Julien qu’il y avait certainement plusieurs vandales.

La nouvelle est sortie tôt en matinée, si bien que les gens ont afflué en nombre vers le cimetière. Leurs mots étaient ceux de la révolte et de la consternation. «Faut-tu être stupide! J’en ai eu des frissons quand j’ai entendu ça», a laissé tomber Sylvie. «Ma foi du bon Dieu, c’est épouvantable», a lancé Claire D’Anjou. Heureusement, les pierres tombales de leurs proches n’avaient pas été touchées.

Le Diocèse de Québec a fermement dénoncé les actes injurieux, «les plus importants de l’histoire du cimetière». «L’ampleur des dommages est sans précédent pour un cimetière à Québec», selon l’abbé Marc Pelchat, vicaire général du diocèse.

Perte de respect

Pierre Gingras, le président du cimetière et curé de Saint-Jean-Baptiste, était surpris de la grosseur des monuments renversés.

«C’est d’une tristesse inouïe, c’est lamentable», se désole-t-il. Quant aux voyous, «j’espère que ce n’était pas du monde tout à eux», dit-il. «Je ne sais pas quel plaisir on peut éprouver à faire ça. Il y a une perte de respect, de valeurs...», affirme M. Gingras, qui précise que le coût des réparations devrait être à la charge de la compagnie d’assurances de l’entreprise.

Les familles des défunts profanés seront contactées, une tâche qui s’annonce complexe alors que la majorité des gens dans cette partie du cimetière sont décédés depuis belle lurette.

«Un musée à ciel ouvert»

L’historien et chargé de projets à la Commission de la capitale nationale, Frédéric Smith, confirme que le cimetière, ouvert depuis 1855, a une valeur patrimoniale importante, étant l’un des premiers cimetières jardins à Québec.

«C’est un musée à ciel ouvert d’une certaine façon. C’est le plus grand témoin du patrimoine des 19e et 20e siècles, ajoute l’historien Réjean Lemoine. Ce que ça démontre, c’est la fragilité en termes de protection du patrimoine.»

Malgré les événements, M. Gingras n’a pas l’intention d’augmenter la sécurité dans le cimetière. «Je suis contre le fait qu’on doive s’emmurer pour éviter les comportements de gens qui n’ont aucun respect. Même si on mettait des barbelés... ce n’est pas une question de sécurité, mais une question d’éducation.»

La police de Québec a ouvert une enquête. Elle invite toute personne qui pourrait détenir des informations sur les événements à la contacter de façon anonyme au 418 641-AGIR.

- Avec la collaboration de Sophie Côté