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La peur d’avoir peur

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Un groupe d’océanographes, de sociologues et de juristes appelé «Notre Golfe» nous a bien avertis, lors d’un colloque à Rimouski, qu’il existait un consensus scientifique se formulant ainsi: «Nous sommes très loin d’avoir les connaissances, actuellement, pour nous lancer dans l’exploitation du pétrole dans le golfe du Saint-Laurent.»

Un groupe d’océanographes, de sociologues et de juristes appelé «Notre Golfe» nous a bien avertis, lors d’un colloque à Rimouski, qu’il existait un consensus scientifique se formulant ainsi: «Nous sommes très loin d’avoir les connaissances, actuellement, pour nous lancer dans l’exploitation du pétrole dans le golfe du Saint-Laurent.»

Quand j’ai lu cette dépêche, je me suis d’abord demandé quel est donc le rôle de sociologues et de juristes dans une démarche de connaissance des courants marins du golfe!? J’ai aussitôt présumé que les sociologues prêteraient main-forte aux pauvres citoyens pour les aider à mieux articuler leurs angoisses et leurs détestations à l’endroit du pétrole maudit.

Pour les juristes, j’imagine qu’ils serviraient à préparer les poursuites contre un gouvernement qui oserait juste rêver qu’on puisse envisager de penser à étudier la possibilité de prendre en considération l’exploitation du pétrole du golfe du Saint-Laurent.

Quant aux océanographes, j’ai été plutôt surpris de leur manque de connaissances sur les courants marins et les écosystèmes du golfe. En fait, je crois avoir compris qu’ils avaient besoin d’un généreux programme de subventions (d’au moins 10 ans) pour réduire leur ignorance humblement proclamée.

Surtout, ne pas bouger

En attendant les fruits de ces recherches, j’espère que vous avez compris qu’il faut maintenir le moratoire sur l’exploitation du pétrole du golfe. Les Terre-Neuviens doivent être morts de rire!

Je formule ainsi une question qui me turlupine depuis des années: comment se fait-il qu’il n’y a qu’au Québec, dans le monde entier, que nous sommes en man-que de connaissances concernant l’exploitation des hydrocarbures? Mystère!

Mais tout ce beau monde est surtout épouvanté par la perspective de déversements majeurs de pétrole dans le golfe et surtout, disent-ils, en hiver. Effarant! Mais ils vivent en vase clos, ces gens-là! On exploite du pétrole depuis des décennies dans des eaux nordiques à travers le monde, on doit bien être en mesure de limiter efficacement les dégâts éventuels résultant d’un déversement.

Verrouillage économique

En réalité, ce qui ronge la communauté scientifique québécoise, c’est le «principe de précaution», compris dans le sens qu’il doit y avoir «risque zéro», sinon on ne bouge pas. À ce compte-là, l’humanité ne serait pas passée du cru au cuit, le feu n’étant pas à «risque zéro».

Ce principe de précaution, devenu un dogme chez les écolos et bien des scientifiques, est une entrave majeure au développement économique.

Et on retrouve la même approche en ce qui concerne le pétrole d’Anticosti et le gaz de schiste dans la plaine du Saint-Laurent. Dans un cas, nous risquons de profaner et de souiller un joyau naturel; dans l’autre, il faut craindre une dangereuse contamination des nappes phréatiques.

Dans les deux cas, nous sommes en ­face de mensonges éhontés, propagés comme des vérités indubitables.

Il existe au Québec une accointance entre les Verts et les scientifiques (surtout des biologistes) qui voient tout développement économique comme un terrible outrage à mère Nature. Si bien que l’empêcher constitue un devoir moral.

Devant ce verrouillage économique en matière de ressources naturelles (gaz, pétrole, mines) qui entrave la création de richesses au Québec avec toutes les retombées bénéfiques l’accompagnant, la classe politique, malheureusement, est tétanisée par les coups de semonce et les diktats des brigades écolo-scientifiques.

Se coucher et faire le mort, telle est la conduite privilégiée.

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