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Disons d’emblée qu’il faut applaudir la fin de cet odieux et ridicule embargo américain décrété en 1962, et renforcé en 1996 avec l’adoption de la loi Helms-Burton et en 2001 par le répu­blicain George W. Bush.

Disons d’emblée qu’il faut applaudir la fin de cet odieux et ridicule embargo américain décrété en 1962, et renforcé en 1996 avec l’adoption de la loi Helms-Burton et en 2001 par le répu­blicain George W. Bush.

Ce blocus, qui a coûté des milliards de dollars au peuple cubain, une nation souveraine et digne, n’a jamais fait plier les dirigeants du pays face aux diktats de l’hégémonie américaine comme d’autres États l’on fait.

Entendons-nous bien, ce réchauffement des relations, c’est uniquement par intérêt égoïste et non par une soudaine vision humanitaire des États-Unis. Ils s’extirpent de leur sclérose idéologique envers Cuba qui venait d’ouvrir davantage son marché intérieur pour 8 milliards $ US de projets avec des investisseurs étrangers.

D’ailleurs, les Chinois, les Russes et les Canadiens sont depuis longtemps présents sur l’île. Et l’ONU demandait chaque année (187 pays contre 2) la fin de l’embargo.

De plus, politiquement, aux États-Unis, une majorité d’Américains, dont la nouvelle génération d’immigrés cubains, s’opposaient au blocus amer. L’Amérique latine, n’étant plus l’officine de service des États-Unis, s’était rangée du côté de Cuba et exigeait la fin de l’embargo.

Cuba et le terrorisme

Maintenir l’embargo sous prétexte que Cuba soutient le terrorisme est tout simplement pathétique, alors que les États-Unis font affaire avec des pays qui sont loin d’être des modèles démocratiques et de liberté individuelle.

Toutefois, la normalisation des relations n’aboutira jamais si les États-Unis ne rendent pas Guantanamo, qui appartient de fait à Cuba. Et il convient de se poser la question: mais qu’est-ce qui a poussé les Américains à y ériger une super-prison et à y pratiquer la torture?

Rétablir les faits

Il convient également de rétablir les faits trop souvent occultés par une certaine propagande anticubaine: en 2015, l’ONU a placé Cuba parmi les pays les plus avancés (44e sur 187) au niveau de l’indice de développement humain. Et l’Organisation mondiale de la Santé vient de présenter Cuba comme le premier pays au monde à avoir éliminé la transmission du virus du sida (VIH) de la mère à l’enfant.

De son côté, John Kerry a félicité Cuba pour son aide dans la lutte internationale contre la fièvre Ebola. Malgré sa population affamée et persécutée, Cuba est l’un des pays qui a le plus de centenaires au monde par habitant.

Malades et étudiants américains à Cuba

Rien n’est finalisé et plusieurs gros intérêts économiques américains s’opposeront à la normalisation des relations, car il est évident que plusieurs Américains iront étudier à Cuba, des malades iront s’y faire soigner, bien souvent envoyés par leurs assureurs, comme le font déjà plusieurs Québécois. Et que dire de l’excellente industrie pharmaceutique cubaine.

L’industrie touristique d’États comme la Floride aura peur de perdre des millions de touristes américains au profit de Cuba.

On en conviendra, on est encore loin de la coupe aux lèvres, mais il faut féliciter Barack Obama et John Kerry pour avoir extirpé leur pays d’une situation intenable et absurde.