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Une réserve la nuit

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Le Dep: 3/5

Film de Sonia Bonspille-Boileau.

Avec Eve Ringuette, Charles Buckell-Robertson, Yan England.

Pour son premier long métrage, la réalisatrice mohawk Sonia Bonspille Boileau a décidé de mettre en lumière un certain nombre de problématiques sociales.

Parfois, le hasard fait bien les choses. Car c’est à cause d’un financement obtenu par le programme de production à micro-budget de Téléfilm Canada que la cinéaste a privilégié le huis clos.

Lydia (Eve Ringuette) est la fille du propriétaire (Marco Collin) du dépanneur de la réserve. Parce qu’une employée ne se présente pas, elle va rester le soir. C’est elle aussi qui préparera les enveloppes d’argent pour un total de 50 000 $. Le jour qui décline, l’hiver, l’isolement... dès les premiers dialogues, on sait très bien qu’il va se passer des choses pas très agréables.

Le suspense se construit lentement, le temps que Sonia Bonspille Boileau, qui signe également le scénario de Le Dep, mette deux autres personnages en place. Il y a un client saoul, mais sympa, qui connaît Lydia depuis qu’elle est toute petite et le chum de la jeune fille, un flic blanc (Yan England).

Le décor est étouffant en dépit de sa simplicité. Les dialogues sont remplis de sous-entendus. La soirée se déroule tranquillement jusqu’à ce qu’un accro au crack (Charles Buckell-Robertson) fasse irruption dans le dépanneur et presse Lydia de lui donner l’argent de la caisse. Évidemment, comme on s’en doutait, Lydia et l’intrus se connaissent et leur affrontement va déboucher sur une exploration des circonstances qui les ont menées là où ils sont.

Maîtrise parfaite

Plusieurs aspects très intéressants expliquent que Le Dep ait été sélectionné au Festival international du film de Karlovy Vary et qu’il ait été présenté en clôture du 25e Festival Présence autochtone à Montréal la semaine dernière. Nul doute que Sonia Bonspille Boileau possède l’art de faire monter un suspense à partir d’éléments de la vie quotidienne, tout comme elle maîtrise parfaitement l’art de faire passer des sous-entendus. Du coup, on se laisse rapidement prendre à cette histoire qui surprend jusqu’à la fin.

On aurait, par contre, souhaité un peu plus de «punch» dans certaines scènes et moins de longueurs (on se demande d’ailleurs où elle veut en venir en dépit du fait que plusieurs rebondissements sont prévisibles). Mais Le Dep s’impose en raison de la simplicité de sa narration, certaines thématiques sociales amérindiennes bien explorées ainsi que le jeu d’Eve Ringuette. À voir.