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Bilan économique: rien d’impressionnant

Il est clair qu’il n’y a pas eu de réduction « globale » de la taille de l’État au Canada. Simplement, il y a eu des changements dans la taille relative des « États » à l’intérieur du pays

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Le débat de jeudi a commencé sur le sujet de l’économie. Les chefs se sont lancés sur l’héritage économique de Harper afin de le discréditer. Hormis la rhétorique du premier ministre et des chefs, quel regard peut-on porter sur leur règne?

Le débat de jeudi a commencé sur le sujet de l’économie. Les chefs se sont lancés sur l’héritage économique de Harper afin de le discréditer. Hormis la rhétorique du premier ministre et des chefs, quel regard peut-on porter sur leur règne?

En regardant les statistiques, on réalise que les dépenses et revenus du gouvernement fédéral sont à leur plus bas niveau (relativement à l’économie) depuis les années 1960. Les conservateurs ont donc réduit la taille de l’État ainsi que le fardeau fiscal. Cependant, tout cet espace libéré par les conservateurs a été récupéré par les gouvernements provinciaux.

Relativement à l’année 2006, lorsque les conservateurs ont formé le gouvernement, toutes les provinces ont vu leurs surplus fondre et les budgets s’écrire à l’encre rouge. Cependant, quand on regarde les revenus que les provinces engrangent relativement à la taille de leur économie, ces derniers sont restés stables.

Augmentation des dépenses

Ainsi, on peut aisément voir que les provinces ont augmenté leurs dépenses de manière importante. Le Manitoba et la Saskatchewan, qui ont réduit les revenus et les dépenses, font exception. La populeuse province de l’Ontario a été dans l’autre extrême en dépensant follement.

La littérature économique est favorable à l’idée qu’une réduction de la taille de l’État (jusqu’à un certain point et à certaines conditions) favorise la croissance économique.

Cependant, il est clair qu’il n’y a pas eu de réduction «globale» de la taille de l’État au Canada. Simplement, il y a eu des changements dans la taille relative des «États» à l’intérieur du pays. La politique budgétaire conservatrice a été contrecarrée par les gouvernements provinciaux, de telle sorte que l’effet net est de zéro.

En contrepartie, il faut souligner l’épisode de l’encouragement fiscal de 2008 en vue de relancer l’économie. L’idée de relancer l’économie en augmentant les dépenses ne fait pas consensus parmi les économistes. Cependant, même ceux qui croient qu’un encouragement fiscal peut relancer l’économie admettent, dans le cadre de la théorie économique, que l’effet serait modeste pour une petite économie ouverte comme le Canada. Et plusieurs d’entre eux croient que l’encouragement peut reposer sur une réduction des impôts (et non sur une augmentation des dépenses).

Et la dette ?

En opposition aux politiques monétaires (dont les conservateurs ne peuvent s’attribuer le mérite), la politique fiscale n’est pas perçue comme la voie la plus efficace pour «relancer» l’économie. Cela explique pourquoi la plupart s’entendent pour attribuer des effets modestes (dans un sens comme dans l’autre) à l’encouragement de 2008. Cependant, il y a un lourd héritage à ce plan – une augmentation de la dette qui a effacé la décennie de discipline fiscale imposée par les libéraux.

Il est difficile de noter les conservateurs. Leurs bonnes politiques ont été contrecarrées par les politiques des gouvernements provinciaux, alors que leurs mauvaises politiques sont visibles pour tous. Démêler tout cela prendra quelques années encore.

Si je devais remettre un bulletin de notes aux conservateurs, j’y écrirais: «Je ne suis pas (particulièrement) impressionné.»

 

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