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Décès d’un cycliste dans St-Roch: le policier accusé veut se défendre

Accusé de crime grave, le policier veut démontrer qu’il n’a rien à se reprocher

Une reconstitution de l’accident avait été réalisée par la Sûreté du Québec dans le quartier St-Roch, en septembre 2014.
AURÉLIE GIRARD/AGENCE QMI Une reconstitution de l’accident avait été réalisée par la Sûreté du Québec dans le quartier St-Roch, en septembre 2014.

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Faisant face à des accusations de négligence criminelle et de conduite dangereuse ayant causé la mort du cycliste Guy Blouin en septembre 2014 dans Saint-Roch, le policier du SPVQ Simon Beaulieu entend démontrer qu’il n’est pas coupable.

Le directeur des poursuites criminelles (DPCP) a annoncé mercredi que des accusations ont finalement été déposées contre le policier Simon Beaulieu qui était au volant de l’auto-patrouille impliquée dans l’intervention menant au décès de Guy Blouin. Le 3 septembre 2014, Guy Blouin aurait d’abord été interpellé par les agents alors qu’il circulait à vélo en sens contraire sur la rue Saint-François Est.

La victime, Guy Blouin.
Agence QMI
La victime, Guy Blouin.

Poursuivant son chemin, le policier aurait reculé à haute vitesse et happé le cycliste de plein fouet. Au sol et blessé, les policiers avaient immobilisé l’homme de 46 ans devant plusieurs témoins avant de le faire marcher vers l’ambulance.

Policier modèle

Simon Beaulieu, 34 ans, devra donc se présenter en cour le 16 octobre pour faire face à deux accusations de négligence criminelle et conduite dangereuse causant la mort. Or, par le biais de son avocat, Me Maxime Roy, le policier a indiqué qu’il entendait se défendre de ces accusations. «On va tout mettre en œuvre pour démontrer qu’il n’a rien à se reprocher», a indiqué l’avocat au Journal.

Le policier, respecté par ses pairs, avait une carrière exemplaire. Récompensé en 2013 pour avoir sauvé un désespéré qui tentait de se suicider, il avait été nommé enquêteur après les incidents ayant franchi toutes les étapes du processus de sélection avant le drame.

En réaction, le chef du SPVQ Michel Desgagnés a fait une brève déclaration pour confirmer que le policier était affecté à des tâches administratives. «Il lui est interdit de conduire un véhicule d’urgence pour le temps des procédures», a-t-il précisé. Au lendemain du drame, l’agent Beaulieu et son partenaire avaient pris quelques journées de repos. Son collègue ne fera face à aucune accusation.

Quebec
Jean Fortin tient une croix au cours d'une marche visant à rendre hommage au cycliste Guy Blouin.
Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBE
Jean Fortin tient une croix au cours d'une marche visant à rendre hommage au cycliste Guy Blouin.

Surprise

Le décès de Guy Blouin annoncé quelques heures après la collision avait exacerbé les tensions déjà vives entre les habitués du parvis de l’église Saint-Roch et les policiers il y a un an. Or mercredi, le Comité du 3 septembre formé spontanément après le drame pour demander justice se dit à la fois «content» et «surpris» de cette nouvelle.

«Je ne pensais jamais que ça allait se faire», a réagi le porte-parole Jean Fortin. Mais la nouvelle «met un baume sur bien des blessures. Ça fait trop d’incidents où la police [commets des gestes] et s’en sort trop facilement.»

— Avec la collaboration de Kathryne Lamontagne et Pierre-Olivier Fortin


Trois collisions impliquant des policiers

13 février 2014

Nicholas Thorne-Belance, 5 ans, de Longueuil, trouve la mort lors d’une collision impliquant unvéhicule banalisé de la SQ.Le policier, Patrick Ouellet, effectuait une filature et circulait à plus de 120 km/h dans une zone de 50 km/h. En mai 2015, après avoir refusé de porter des accusations, le DPCP faisait volte-face et l’accusaitde conduite dangereuse causant la mort.

3 septembre 2014

Simon Beaulieu, du Service de police de la Ville de Québec, entre en collision avec un cycliste, Guy Blouin.Au moment de l’impact, le véhicule de patrouille circulait de reculons, à haute vitesse, sur la rue Saint-FrançoisEst, dans le quartier Saint-Roch. Le policier a été accusé de conduite dangereuse causant la mort et de négligence criminelle causant la mort.

18 juillet 2015

Trois personnes âgées qui prenaient place à bord de la même voiture perdent la vie à la suite d’une collision survenue avec un véhicule banalisé de la Sûreté du Québec, à Dolbeau-Mistassini. Le policier répondait à un appel d’urgence et circulait à haute vitesse selon des témoins. L’enquête, toujours en cours, a été confiée à la police de la Ville de Québec.


Ce qu'ils ont dit

«On est agréablement surpris de voir que la justice va suivre son cours dans ce dossier-là, qu’il va y avoir des suites et un procès en bonne et due forme», Françoise Lacoste, membre du Comité du 3 septembre.

«On va tout mettre en œuvre pour démontrer qu’il n’a rien à se reprocher», Me Maxime Roy, avocat du policier.

«Le Service de police de Québec laissera le processus judiciaire faire son travail. Nous continuerons de collaborer – comme nous le faisons depuis le début – au processus judiciaire», Michel Desgagnés, chef de police du SPVQ.

«On est content, mais à quel point le policier va être puni ? Un citoyen aurait pogné 25 ans. Le policier, c’est un citoyen. C’est impardonnable ce qu’il a fait», Benoit Villeneuve, qui affirme avoir vu l’incident.

«Il y a de l’abus, on les voit aller les policiers. Ils sont baveux, harcelants, à tous les jours. Ça n’a pas changé», Johanne Langlais, bénévole à l’Auberivière

« Aujourd’hui, le DPCP a décidé de porter des accusations dans ce dossier. Il sera donc de notre devoir de laisser la justice faire son œuvre », a déclaré Pierre Charest, directeur trésorier de la Fraternité des policiers de Québec