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La loi comme bâillon

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Chaque fois que surgissent des accrochages sociaux, des comportements douteux et que des propos excessifs, politiquement incorrects sont tenus publiquement, le réflexe viscéral des citoyens comme celui de ceux qui nous gouvernent est de sortir l’armement lourd, c’est-à-dire de nouvelles lois punitives.

Chaque fois que surgissent des accrochages sociaux, des comportements douteux et que des propos excessifs, politiquement incorrects sont tenus publiquement, le réflexe viscéral des citoyens comme celui de ceux qui nous gouvernent est de sortir l’armement lourd, c’est-à-dire de nouvelles lois punitives.

Dans le cas actuel, la canicule n’empêche pas les élus de discourir en commission parlementaire à Québec sur le projet de loi59 devenu en cette période estivale l’urgence nationale.

L’objectif de ce projet est de sanctionner ceux qui tiennent des propos haineux et violents contre toute personne appartenant à une minorité, à savoir les gais, les religieux, les juifs, les musulmans, les catholiques, les transgenres, les malades mentaux, les immigrants, bref une proportion importante des Québécois, car chacun peut réclamer une appartenance à une minorité.

L’écran de fumée

Parlons franchement. Ce projet de loi59 est un écran de fumée, un exercice de mystification dont la nécessité est loin d’être prouvée. C’est d’ailleurs dans le non-dit du projet de loi que se révèlent les intentions gouvernementales.

C’est un secret de Polichinelle que le Parti libéral et son chef avant tout se sont laissé convaincre par des groupes dont les idées ne sont pas entièrement dépouillées d’intérêts que l’islamophobie s’est installée au Québec.

Des «amis» musulmans, souvent porte-parole autoproclamés des musulmans du Québec, ont trouvé des oreilles complaisantes. Celle du premier ministre d’abord et celle du président de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse. Celui-ci estime d’ailleurs que ses compatriotes ignorent tout de l’islam, de ses pratiques et de ses valeurs.

La ministre de la Justice Stéphanie Vallée sera donc la fossoyeuse de la liberté d’expression en sanctionnant ce qui à ses yeux est «un discours qui n’est pas acceptable». D’où il faut conclure que les critiques deviendront la cible de tous ceux qui pourraient en être l’objet.

D’abord et avant tout des militants les plus radicaux chez nous, ces islamistes qui sévissent dans les interstices de nos institutions sociales et qui s’expriment sur nos réseaux sociaux. Les journalistes en général n’échapperont pas désormais à leur vindicte ou à leurs menaces de poursuite.

Atteinte à la liberté d’expression

La liberté d’expression si vantée par ailleurs alors qu’elle est brandie comme l’étendard de nos valeurs démocratiques se voit fragilisée par ce fumeux projet de loi59. En fait, dans le contexte occidental actuel, c’est à la défense de la liberté d’expression qu’il faut se consacrer.

L’exagération, la caricature, l’outrance verbale, la grossièreté, l’obscénité, ces formes peu recommandables de l’expression humaine doivent avoir droit de cité – que cela plaise ou non.

C’est par la pédagogie à travers la transmission de la culture et de la lutte contre les préjugés que l’on améliorera le climat social et que l’on élèvera les débats sur des thèmes délicats et explosifs par ailleurs.

Nos lois protègent déjà contre les propos haineux et l’appel à la violence. Le projet de loi59 veut plutôt distraire ou faire silence sur le fait que le terme «islamophobie» dont usent les libéraux à l’endroit des gens qui critiquent le radicalisme islamique est une prise de position pour enfermer la parole libre.

La haine de l’islam n’est pas une tare québécoise. C’est plutôt l’esprit de l’islam des djihadistes qui représente la plus grande menace à notre civilisation.