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Dossier Guy Blouin: la transparence s’imposait

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Le fait que des accusations soient portées dans le dossier de Guy Blouin constitue une bonne nouvelle pour ceux qui veulent croire que nos institutions sont au service des citoyens.

Près d’un an après les faits, où un homme est décédé après avoir été heurté par une auto-patrouille alors qu’il circulait à vélo, le public méritait de savoir qu’un processus d’enquête sérieux avait été engagé. Les différents acteurs en présence avaient travaillé très fort pour donner l’impression contraire.

Nettoyage de la scène de l’accident par les policiers impliqués comme s’il n’y avait rien à signaler et rien à voir; délai de quelques jours avant qu’ils ne soient interrogés; entrevue étrange du chef du SPVQ, dans laquelle il donnait ses propres conclusions sur l’enquête en cours; délai exagérément long avant que ne soient dévoilées les conclusions : en terme de gestion des perceptions quant à l’imputabilité des forces policières, cette comédie d’erreurs fera école.

Place aux faits

En portant des accusations contre l’agent qui conduisait le véhicule, le Directeur des poursuites criminelles et pénales rend service à l’institution policière. Désormais, les procédures se dérouleront sous les yeux du public, qui sera confronté aux faits plutôt qu’aux ouï-dire.

Simon Beaulieu pourra se faire entendre, également. Ce policier au dossier qu’on dit irréprochable en a peut-être même très envie, aucun professionnel n’aime soutenir le regard d’une longue enquête sans pouvoir se défendre. S’il choisit de le faire, exprimera-t-il des regrets ou nous dira-t-il plutôt que les gestes qu’il a posés étaient nécessaires? Des éléments stratégiques, tant du côté de la poursuite comme de la défense, seront mis en œuvre. Des éléments relevant du caractère humain joueront. La justice suivra son cours.

Pour l’heure, la seule conclusion qui s’impose a été exprimée par Jean Fortin, porte-parole du Comité du 3 septembre, créé pour rappeler que la mort d’un homme réclame une rétroaction sérieuse. « On ne veut pas fesser sur la tête d’un policier, on veut que les enquêtes soient plus clairvoyantes », disait-il au Soleil.

Ce sont de sages paroles. Qu’attend le gouvernement pour mettre en place le Bureau des enquêtes indépendantes pour que la police cesse d’enquêter sur la police? Il faudra combien d’autres bavures, cafouillages ou crises de confiance? Il est plus que tant de bouger.