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Québec avait promis à Paris de reconstruire le cube blanc

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Avant d’affirmer que la reconstruction du «cube blanc» était peu probable, le maire de Québec, Régis Labeaume, avait promis à son homologue de Paris, Anne Hidalgo, que l’œuvre offerte à Québec serait reconstruite au même endroit.

C’est ce que révèle Le Devoir en citant une lettre de M. Labeaume à Mme Hidalgo datant de février. «Soyez assurée que l’oeuvre sera réinstallée à l’identique et dans le même esprit que son artiste souhaite», a écrit le maire ajoutant que l’œuvre du sculpteur Jean-Pierre Raynaud serait remontée «dans une atmosphère et un environnement bonifiés».

«Un magnifique don»

Il précise que la sculpture, que nombre de gens de Québec aimaient détester, est «un magnifique don».

Quelques jours avant la démolition, la Ville disait examiner la possibilité de reconstruire l’œuvre à Place des canotiers, c’est-à-dire l’espace autour de rue Dalhousie que la Ville prévoit réaménager.

Mi-juin, la Ville faisait encore état d’un «démantèlement» et d’une «reconstruction» de l’œuvre. Mais après ces expressions d’affection et de bonnes intentions, l’œuvre a été rasée par la machinerie lourde, en plein jour, sous le regard des caméras et des touristes, ce qui n’a pas manqué de suscité de vives réactions chez l’artiste et dans la presse française.

Le désir de reconstruction s’est aussi effondré quelques jours plus tard. «Je serais surpris qu’on reconstruise, à moins que Anne [Hidalgo] nous demande de le faire, mais connaissant Anne, ça m’étonnerait», avait déclaré M. Labeaume.

La Ville dit avoir basé sa décision sur la base d’un rapport rédigé par le Centre de conservation du Québec. Mais il appert que ledit rapport, cité dans le quotidien Le Soleil de vendredi, ne propose en aucun cas la destruction de l’œuvre.

Le rapport d’experts décrit cependant que l’œuvre était en piteux état, notamment en raison des infiltrations d’eau, au point où la structure présentait un risque pour la sécurité des passants.

Malgré tout, les experts n’ont jamais suggéré la destruction totale, selon Le Soleil. Il recommandait «que l’ensemble soit temporairement sécurisé». Il proposait par la suite de démanteler et d’entreposer les pièces pour éventuellement reconstruire le cube.

Le jour de la démolition, la conseillère responsable de la culture à la Ville de Québec, Julie Lemieux, affirmait au Journal qu’il était «clair depuis le début que l’oeuvre [était] irrécupérable. On ne peut conserver quoi que ce soit.»

Le démantèlement et l’entreposage auraient coûté 85 000 $, ce qui exclut la reconstruction. La Ville avançait le montant 200 000 $, mais à la lumière des informations du rapport, il semble que ce montant était plutôt conservateur et que la facture aurait pu être beaucoup plus salée.