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Un ajustement qui voulait être une récession

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Le Canada n’est probablement pas en récession.

Le Canada n’est probablement pas en récession.

La définition utilisée pour parler de récession veut que l’économie se soit contractée pendant deux trimestres au moins. Du moins, c’est la première partie de la définition des récessions établie par le National Bureau of Economic Research.

C’est la partie qui est suffisamment simple pour les journalistes et terriblement frustrante pour les économistes. La seconde partie de la définition met l’emphase sur un déclin de l’emploi, des ventes et de la production industrielle.

Non seulement cela, mais ce même organisme – dont la fonction initiale était d’étudier les récessions – affirme que la «plupart» des récessions comprennent une contraction de la taille de l’économie pendant deux trimestres, mais «pas toutes».

Ainsi, on vient de déclarer la récession selon cette définition technique très (trop) limitée.

Entre janvier 2015 et mai 2015, l’économie a subi une contraction. Cependant, la croissance économique en juin (le dernier mois des deux trimestres) a été si rapide que près de 60 % de la contraction a été effacée.

En plus, la croissance au cours du mois de juin a été nettement supérieure à ce qui a été observé aux cours des mois de juin des années précédentes! Et l’emploi n’a pas diminué, il a augmenté légèrement!

Loin d’une récession

Nous sommes donc très loin d’une récession! En fait, voici ce qui est en train de se produire.

La chute des prix du pétrole a affecté la production de ce secteur qui a dû réduire ses activités. Les employés qui ont été licenciés et le capital qui a été liquidé se sont redirigés vers d’autres secteurs de l’économie.

Cette transition ne se traduit pas immédiatement en une augmentation de l’activité économique dans ces secteurs. Les travailleurs doivent s’habituer à leurs nouvelles entreprises tout comme ces entreprises doivent s’ajuster à la nouvelle situation.

L’ajustement prend du temps et pendant que cet ajustement se déroule, la production dans ces secteurs démarre progressivement. La production augmente et rattrape le terrain perdu.

Ainsi, on ne parle pas d’une récession, mais plutôt d’un ajustement important. La stabilité de l’emploi et la force de la croissance économique en juin 2015 rendent cette explication très plausible.

La récession au Canada n’en est pas une. Le vrai risque, c’est des politiques publiques qui pourraient la créer.